C’est un peu court veil homme… – Edito du 16 octobre 2013

L’info RdR incontournable de la semaine passée étaient les réactions face à la fermeture de la salle de shoot de Paris avant même son ouverture. Un comble quand 2 semaines auparavant le 1er Ministre validait un plan gouvernementalqui prévoyait l’ouverture de salles de consommation de drogues dans 4 villes entre 2013 et 2017.
C’est donc le Conseil d’État, sollicité par la Ministre de la Santé, qui a jugé que la salle de consommation de drogues serait illégale car la loi française interdit la consommation de drogues. Je me demande combien de temps cela a pris à nos Conseillers d’État pour pondre ça. Du coup le compétent gouvernement et la courageuse Ville de Paris ont immédiatement gelé le projet d’ouverture en décembre de la 1ère salle de conso française alors que rien ne les oblige à suivre l’avis du Conseil d’État. Mais comme tout prétexte est bon pour ne pas aborder les sujets qui fâchent lors de la campagne municipale… les politiques se comportent en bons élèves.

Du côté des acteurs de la Réduction des Risques liés aux usages des drogues et du secteur des drogues en général c’est bien évidemment le tollé. Et tous réclament, comme le suggère également le Conseil d’État, un changement de la loi. Voici le petit florilège des réactions des associations ou comment dire la même chose mais différemment à la manière d’un Cyrano qui parle de son nez.

Psychorigide,
« Une salle de consommation de drogues n’est pas conforme avec la loi du 31 décembre 1970. Il faut inscrire le dispositif dans la loi. » (Conseil d’État)

Comblé
« Merci au Conseil d’État pour son travail de clarification, il faut donc changer la loi » (ASUD)

Autoritaire
« je demande au gouvernement de mettre en œuvre sans délai, et sans nouvelle tergiversation, la recommandation du Conseil d’État, et que le texte de loi soit soumis dans les meilleurs délais au Parlement » (Alain Lhostis, Conseiller de Paris du 10ème arrondissement)

Promotionnelle
« La charte « pour une autre politique des addictions’’ signée par 1800 personnes et qui a permis de dégager un large consensus parmi les professionnels est un point d’appui pour engager ce processus de révision de la loi. » (Laurence Cohen, Sénatrice du Val de Marne, initiatrice de la charte en question)

Jaloux
« les associations plébiscitées dans ce genre de situation sont toujours celles qui sont financées par l’État, souvent à coup de millions d’euros. C’est un éternel problème en France car on donne toujours de l’importance et de la visibilité aux organisations associatives favorables à l’utilisation des drogues. » (Parents contre la drogue)

Soulagée
« cette décision retardera l’ouverture de plusieurs mois et probablement pas avant les municipales. » (Anne Hidalgo, candidate à la Mairie de paris)

Minimaliste
« L’A.N.P.A.A. demande au Ministère des affaires sociales et de la santé de ne pas renoncer » (ANPAA)

Visionnaire
« Comme le prouve l’expérience menée en Suisse, il serait souhaitable d’envisager la distribution d’héroïne médicalement supervisée pour rendre plus efficace le programme de Salle de consommation à moindre risque. » (CSF)

Frustrés
« Les preuves de la solidité scientifique des salles de consommation ne sont plus à démontrer. Validées par l’INSERM et expérimentées dans de nombreux pays, les salles de consommation à moindre risque permettent la diminution de la consommation dans les lieux publics, la réduction des comportements à risque et de la morbidité associée au VIH et aux VHC ainsi que la diminution des overdoses mortelles. Le dispositif répond également à un enjeu de sécurisation des espaces publics. » (Gaïa et Médecins de Monde, gestionnaires de la future de salle de consommation)

Insoumise
« Les acteurs de la réduction des risques liés aux usages de drogues prendront leurs responsabilités. Nous n’avons jamais attendu la loi pour avancer. »(AFR)

Métaphorique
« Au nom d’une loi dépassée, le Conseil d’Etat nous empêche de développer des outils nouveaux, largement expérimentés et évalués dans d’autres pays européens. Ordonnera-t-il aux policiers de poursuivre les dealers avec une 2 CV, d’utiliser  un téléphone en bakélite ? » (FA)

Critiques
« Depuis quarante ans, nos politiques publiques concernant ces substances illicites ne marchent pas, explique Catherine Lemorton. On a la loi la plus répressive d’Europe qui a abouti à un échec évident, pathologique pour la société. » (Groupe des députés socialistes)

Suspicieux
« Que cette expérimentation n’ait pas été mieux bordée par le gouvernement nous interroge et nous met en colère. Le Conseil d’État a certes adopté une lecture stricte de la loi de 70 (en occultant la loi de 2004 définissant la réduction des risques), mais ne fallait il pas s’y attendre ? » (Réseau Français de RdR)

Obéissant
« Le gouvernement va travailler avec les acteurs concernés par ce projet à la sécurisation juridique de ce dispositif. » (Ministère de la Santé)

Malicieux
« Le gouvernement pourrait cependant s’appuyer sur l’article 4c de la Convention Unique de New-York de 1961 relative aux stupéfiants prévoyant des dérogations à la prohibition à des fins exclusivement médicales et scientifiques » (La fédération des CIRC)

Accusateur
« L’un des arguments mis en avant pour défendre la loi de 70 est le fait qu’elle ne serait jamais appliquée ! Cette décision montre tout le contraire. Ce sont les usagers qu’elle condamne et elle risque de fait d’en condamner certains à mort. » (Hôpital Marmottan)

A+

Kritik

 

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