22 et 23 novembre 2014 : 1ères Rencontres Nationales de la Fête Libre

Sur cette page vous trouverez le Programme, le Compte-Rendu et même une émission de radio consacrée à ces 1ères Rencontres Nationales de la Fête Libre.

Le compte-rendu

Pour cette première édition des rencontres, un peu plus de 60 sound systems et collectifs, plus de 100 personnes, avaient fait le déplacement pour ce week-end d’échange et de réflexions. Merci à tous d’avoir cru en ce projet!

COLLECTIFS PRÉSENTS

716, AKD, Allawellsound6tm, Apache Sound system, Arakneed, Arenui, Artkaïd, Arts&Cultures 29, Babapunk monsters, BASS, Biotek invaders, Bordel Sonore, Cancoillotte, CDS, Censuré, Center coast, Collectif de la fête libre, Collectif des Sound System Bretons, Cosmik Azylum, Damage Kore, DAT, Decryp.T, Dominotek, Dream factory, Easytek, Eligmatik, En ket 2 tek, FMR, Irm, JSST, Korzeam, La Horde Perchitude (La HP), LCP, Loufok 6tm, Marmotek, Metek, Mongol tribe, Mouflon family, Mst, Ornorm,, Parallèle Nocturne, Poneytrotek, Protonik, Psykosquat, Réagi-sons (Collectif des sound system d’Aquitaine), Resistance Sonore, Rêve Ephémère, Rêve Party, Stakitek, Stupetek, Symbiosis, Tantrik Bangkok, Techno+, Teknetium, Teknocif, Teknovores, Tlescop, TST, Unis sons, Uzinawatt…en espérant n’oublier personne, merci à tous !

S’il faut tirer un bilan global de cette première, c’est qu’un moment de ce genre était vraiment attendu et qu’il y a une envie énorme d’échanger et de construire ensemble l’avenir de la free party, au-delà de tout ce qui fait nos différences au quotidien, dans nos soirées, nos régions et nos styles respectifs.
Une première aussi, car il y avait tellement de choses à échanger, à débattre que clairement, un week-end n’a pas suffi et qu’un paquet de choses restent à dire.

En attendant une prochaine rencontre nationale, le travail se poursuit dans les ateliers par mail et par téléphone. Un rendez-vous est pris en mars pour un point au niveau national aussi… à suivre donc.

Bilan des ateliers :

  • Atelier « organisation et communication au niveau national », samedi, 25 participants
  • Ateliers « actions nationales », samedi et dimanche, 55 participants
  • Atelier « conscience festive et évolution de la fête libre », samedi, 30 participants
  • Atelier « Manifeste/charte de la fête libre », dimanche, 30 participants

Atelier « organisation et communication au niveau national », 25 participants

L’atelier est tombé d’accord sur le fait que la question de l’organisation et de la communication au niveau national est un point essentiel car ce n’est que soudés et unis que les collectifs techno pourront faire avancer la situation et changer la donne à grande échelle.

Des propositions de mutualisation de moyens ou même d’organisation de « coopérative » pour soutenir les sons au niveau national ont été faites, mais il semble prématuré de se lancer dans des opérations de ce genre au niveau national tant qu’une véritable dynamique commune n’existe pas encore.
Unanimement, il apparaît qu’il serait contraire à l’esprit qui anime les collectifs de mettre en place une structure nationale pyramidale qui prenne des décisions qui s’imposent à tous.
Des regroupements existent ou ont existé en France : le Coll-soundz, le Cassoulet, Korngheol ont disparu, mais d’autres sont actifs à l’heure actuelle (Le Collectif des sound systems de l’ouest, le Collectif des sound system d’Aquitaine –Réagis-son, le Collectif de la fête libre dans le sud, les Insoumis en IDF…).
C’est sur ces collectifs que doit s’appuyer la concertation au niveau national, elle ne peut être que la somme de ces énergies qui sont en lien direct avec les sons sur le terrain !
De même, nous sommes tous tombés d’accord pour dire qu’il ne servait à rien de créer un énième forum national car ceux qui existent vivent déjà à peine, mais qu’il est plus important de se voir et se rencontrer pour parler de vive voix. Il vaut mieux quelques réunions bien animées.
Les collectifs existant sont déjà en relation et doivent renforcer leurs liens.
Pour avoir une vraie couverture au niveau national, il faut aider les sound systems à s’organiser et se structurer au niveau des régions ou il n’y a rien pour l’instant.
La première décision concrète de ces rencontres va être l’organisation de réunions dans les régions où il l’y a pas de réseau organisé (Nord, est, sud-est…) pour rencontrer les sons de ces régions et les inciter à s’unir.
Des réunions seront organisées dans les mois à venir, avec les représentants des sons locaux et des représentants des collectifs déjà organisés pour partager les expériences, apprendre à se connaître et les aider à s’organiser ensemble. Freeform assurera les aspects « logistiques » de ces réunions.
Un point sera fait au printemps pour voir si ces réunions ont servi et quelles sont les avancées dans chaque région.

 

Atelier « actions nationales », samedi et dimanche, 55 participants

Le Débat

Nous sommes tous d’accord pour dire qu’il y en assez de cette stigmatisation du mouvement, assez des saisies qui sont souvent abusives et ne servent qu’à énerver les passionnés sans rien régler. Nous sommes donc partis de ce constat et avons essayé de débattre et de trouver des solutions pour montrer notre désaccord sur ces sujets!
Après donc divers témoignages où tout le monde a pu donner son avis sur la situation et ce que chacun a pu faire dans sa région pour défendre le mouvement à son échelle, il est apparu clairement qu’une action nationale devait voir le jour. Presque tout le monde est d’accord pour dire que les teknivals illégaux ne sont pas la bonne solution pour alimenter nos revendications, et le désir de pousser le public à défendre les valeurs de la free est important aux yeux de tous. Les teknivals ont une image festive et non revendicative, autant pour le public que pour la presse et les autorités. L’exemple des manifestives a été évoqué, mais l’impact que celles-ci ont ne correspond pas aux attentes des personnes présentes.
Le désir de trouver quelque chose de nouveau est donc primordial, un renouveau de l’action, quelque chose qui ne s’est pas encore fait !!!

Les actions choisies

Après toutes ces réflexions, deux projets ont eu le soutien de la majorité des participants :
1 : Organisation de manifestations fixes, revendicatives (et non festives), pour faire valoir nos droits et nos valeurs. Montrer que nous sommes aussi autre chose que des gens derrière ou devant des « caissons » et ne sachant et ne voulant que faire la fête.
Une action de rassemblement revendicatif et pacifique devant les préfectures ou d’autres lieux institutionnels symboliques est donc choisie. Elle aura lieu le 10 janvier, partout en France, dans le maximum de villes possibles. Des déclarations de rassemblements seront faites pour que le message soit bien entendu par les autorités.
Il faudra donc prévoir des banderoles pour bien communiquer auprès du public nos revendications, et un plan de communication presse sera mis en place pour annoncer publiquement nos intentions, donner rendez-vous au public, annoncer la date choisie et le lieu pour chaque département.

2 : Deuxième action, plus « festive », prévue pour février/mars, mais tout en restant revendicative et en montrant notre « ras le bol » de la répression au public et aux autorités.
Organisation de « flash teufs » ou « teufs-éclairs », rassemblements ponctuels et brefs (1 heure maximum) dans 4 à 5 grandes villes françaises, dans des lieux fortement fréquentés avec distributions de tracts aux passants et invitations aux médias. L’idée est de montrer un aspect positif de notre culture, sans violence mais en plein centre, au cœur de la ville dans laquelle nous devrions avoir une place comme les autres cultures.

Des équipes ont été créées pour assurer la mise en place des actions, leur coordination et la communication de ces 2 actions.

 

Atelier « conscience festive et évolution de la fête libre », 30 participants

1/Les assos RDR sont intervenues pour expliquer leur fonctionnement. Du coté des sound systems il y a une demande de pouvoir facilement les contacter et les faire venir sur site lors de leurs manifestations. Leur présence dans les teufs est un vrai message aux autorités au sujet de la prise en compte du problème des drogues et c’est apprécié du public
Les sons proposent d’informer les teufeurs, dès la donation, de la présence d’un stand RDR à leur teuf, plutôt que de les laisser le découvrir par hasard.

Les sound systems émettent également le souhait d’être informés et formés eux-mêmes sur la prévention des risques.

2/Au sujet des associations de premiers secours : peu de sons font appel à ces organismes (Croix rouge, croix blanche….) car trop chers mais ils seraient heureux de les faire venir si les coûts étaient moins élevés. A noter l’initiative des collectifs bretons qui sont en train de développer leur propre organisme de premiers secours et certains sons qui installent dans leurs soirées des infirmeries, avec tente, lit de camp, des personnes formées au brevet de secourisme et ligne de téléphone afin de pouvoir gérer les premières urgences en attendant les secours. Cela a aussi un impact positif sur l’image de la soirée donnée aux forces de l’ordre et riverains.

3/Un travail de sensibilisation du public aux « bonnes pratiques » doit être fait. L’éducation et la sensibilisation des teufeurs ce n’est pas forcément la mission des sound systems, mais tout le monde est d’accord pour diffuser des tracts d’information dans les soirées. Il faudra travailler sur un texte commun à écrire et diffuser.

4/Volonté de mobilisation pour changer l’image qui colle à notre milieu, en agissant à notre niveau sur l’opinion publique : Par exemple, après une soirée qui s’est bien passée sur un terrain, aller faire un bilan avec les riverains, la mairie ou les agriculteurs et montrer que tout s’est bien passé ; cela préparera le terrain pour les prochaines fois.

5/ Développer le côté sanitaire/hygiène dans les soirées en implantant des toilettes sèches, de l’eau potable en citerne… Ces moyens peuvent être fabriqués entre plusieurs sons et mutualisés à un niveau régional ou départemental. Il y aussi des asso qui peuvent former et informer sur ce sujet. C’est important car cela augmente le confort pour le public mais aussi l’image des fêtes auprès des riverains et des autorités.

 

Atelier « Manifeste de la fête libre », 30 participants

L’atelier a commencé sur un problème de compréhension à cause du terme « charte ». Certains voyaient (et souhaitaient) que cet atelier produise un document qui définirait les points de base de ce qu’est une « bonne » organisation de soirée alors que le but était plus largement de définir ce que sont les valeurs de la free party. Ce qui nous unis tous et qui fait que nous avons 95% en commun : le partage, une certaine conception de la fête et de la musique etc… et permettre de créer un socle commun, une base pour lancer une dynamique d’union nationale aussi !
Pour répondre à ces deux demandes et avancer, deux axes seront à prendre :

  • Rédaction d’un « guide d’organisation » dont les sons qui débutent pourront s’inspirer -une proposition faite par les autres ateliers aussi.
  • Changement de nom du projet « charte » pour passer à « MANIFESTE DE LA FÊTE LIBRE », proposition après la réunion mais qui est tellement importante qu’elle figure dans ce compte rendu.

Une fois ce point éclairci, l’atelier a fait un tour de table où chacun a défini en un mot ce qui lui paraissait essentiel dans la free party. Voici la liste qui est sortie : Respect, environnement, conscience festive, musique électronique, autogestion, pluralité des pratiques, alternatif, spontanéité, solidarité, entraide, amateurisme, bon sens, unité, libre arbitre, sécurité, prévention, liberté, liberté sonore, passion, reconnaissance, organisation, xénophobie festive, pas cher, autonomie, émancipation, éphémère, temporaire, émancipation, ouverture d’esprit, transmission, ampleur, prix libre…

Il a été décidé de réunir ces mots et de les agencer pour former un « MANIFESTE DE LA FÊTE LIBRE » qui sera proposé aux collectifs techno et aux sound systems comme une base de valeurs communes.

Le travail se poursuit par mail et sur un espace collaboratif en ligne qui doit être mis en place.

4 personnes se sont portées volontaires pour rédiger des textes de propositions qui seront amendées et validées par tous ensuite.

L’idée est de sortir dans les semaines à venir un texte qui tienne la route et sera proposé à tous.

L’Écho des Rencontres (émission l’Envolée Rythmique sur Plum’FM)

Fête libre, rave, free party… Kezako ? Les acteurs du mouvement en France se sont rassemblés pour échanger, débattre et agir ensemble.

EnKet2teK family vous fait (re)vivre les moments forts de ces rencontres avec des interviews à chaud de quelques participants pendant les rencontres et ainsi qu’un extrait des débats. Le tout sur fond musical approprié !

PROGRAMME

SAMEDI 22 NOVEMBRE

 

12HAccueil et pique-nique !

  • 14H–15H30 en assemblée :
    • Introduction et accueil puis témoignages et débats
    • Point sur l’état de la fête libre en France
    • Point sur les lois, la répression et les négociations passées et actuelles avec le gouvernement
    • S’organiser au niveau national, pourquoi faire ?

Pause 30mn

  • 16H-18H En groupe de travail
    • Groupe 1 : ACTIONS DE REVENDICATION.
      Des lois inadaptées et mal appliquées, une répression permanente sur le terrain. Quelles actions à mener pour se faire entendre et changer les choses en profondeur ? Point sur ce qui a déjà été fait, ce qui a marché, ce qui n’a pas marché… analyse des points forts et des points faibles. Propositions d‘actions communes au niveau national.
    • Groupe 2 : RÉSEAU NATIONAL.
      Comment créer un vrai réseau des collectifs au niveau national ? Quelles solutions à inventer pour s’unir tout en respectant nos différences?
    • Groupe 3 : ÉVOLUTIONS ?
      Conscience festive et réduction des risques, comment faire évoluer le mouvement ?

Pause 30mn

  • 18h30-19H30 Présentation du travail des groupes, présentation puis choix d’une ou plusieurs actions communes pour la revendication au niveau national.
  • 19H30 Apéro / repas

DIMANCHE 23 NOVEMBRE

  • 10H-12H30 En groupe de travail :
    • Groupe 1: ACTIONS DE REVENDICATION.
      Comment mettre en forme les actions choisies la veille, définir un calendrier, une communication et des méthodes pour qu’elles soient le plus percutantes possible ? Le groupe travaillera en commun puis se séparera en atelier pour se diviser le travail : communication interne, externe, logistique etc…
    • Groupe 2: CHARTE DE LA FÊTE LIBRE.
      Le but de ce travail en commun est de définir en quelques lignes les points communs qui unissent tous les sound systems français, ce qui fait que, malgré nos différences, la free party est un vrai mouvement, cohérent et unique !
      L’idée est de réfléchir sur des concepts comme « Gratuité vs Prix libre, le sens des mots Free party », la notion de « pratiques amateur » ou de « conscience festive » et de mettre ces idées en forme dans une charte. Un travail de réflexion commun sera fait puis une écriture collective de cette charte qui sera ensuite diffusée partout en France.

Repas

  • 13h30–14H30 Synthèse et présentation de la stratégie pour les actions nationales + présentation du projet de charte de la fête libre

Invitation aux rencontres

Appel à tous les activistes de la free party à réfléchir ensemble à un mode d’organisation général de défense de notre mouvement !

Après un an de lutte soutenue par différents moyens et actions pour dénoncer la discrimination culturelle et la répression injuste dont est victime le mouvement techno, nous ne pouvons que constater que l’objectif est encore loin d’être atteint.

A ce jour le seul résultat positif est l’ampleur de la mobilisation qui a montré que nous partageons les mêmes problèmes dans de nombreuses régions. Ce mouvement contestataire a permis de mettre ou remettre en réseau des activistes et des collectifs plus déterminés que jamais.

En effet le plus intéressant dans les 3 réunions au niveau national avec l’État de février, avril et septembre qui n’ont apporté aucun changement concret était en réalité la rencontre à chaque fois entre une vingtaine voire plus d’activistes du mouvement afin de préparer ces réunions.

A l’heure où les espoirs d’un geste fort et rapide de la part de l’État se sont envolés n’attendons plus ce type d’occasion, en comité trop restreint, pour discuter entre nous, coordonner nos actions et améliorer nos stratégies à un niveau national.

C’est ce que propose l’association Freeform en organisant un temps d’unité et d’échanges pour réfléchir ensemble aux moyens de défendre la free party !

L’objectif est de permettre à un maximum de personnes actives sur la scène partout en France de se rencontrer. Il s’agit de créer un lien fort entre tous les activistes de la free party et de poser les bases d’un réseau de solidarité à l’échelle nationale. L’idée est d’inventer un mode d’organisation collective qui nous permette de partager de l’information, de monter des actions communes et qui nous corresponde.

Nous vous proposons en plus de travailler sur une Charte de la fête libre et de mettre en avant nos points communs plutôt que nos divisions !

Qui a organisé ça ?

Le projet de ces rencontres nationales est porté par l’association Freeformqui réunit personnes actives dans le secteur de la free party qui ont décidées de se regrouper pour apporter leur expérience et leur soutien aux collectifs techno partout en France. L’association est soutenue par le Fond d’Expérimentation pour la Jeunesse qui lui permet de se consacrer à ses missions de soutien et d’appui des collectifs free party. L’association est aussi soutenues par des collectifs de sons, des asso et des gens qui veulent contribuer pour changer la donne.

Pour plus d’infos contactez Freeform directement.

source : http://freeform.fr/rencontres/ et http://freeform.fr/compte-rendu-des-rencontres-de-la-fete-libre/

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