Les antipaludéens : une arnaque classique

Cela fait belle lurette que la Chloroquine, un antipaludéen, est utilisée en poudre pour couper des produits stimulants tel que le Speed ou la Coke.

Certains médicaments à base de Chloroquine sont d’ailleurs carrément vendu pour des ecstas (photos ci-dessous) alors qu’ils n’en produisent aucun des effets attendus. Nous voyons cela depuis près de 10 ans et pourtant l’arnaque dure toujours… Avec des variantes comme ceux qui changent grossièrement la couleur du médicament avec un marqueur. Ou encore ceux qui déforment à la barbare le N avec une pointe (photos ci-dessous). Vous trouvez ça naze et pourtant y’en a qui s’y font prendre.

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Donc une bonne fois pour toute si vous voyez quelqu’un qui propose des "N", des "Nintendo", des "Z" (bin oui "N" retourné ça fait Z!), des "Zorro"… ou que tout à coup vos doigt prennent la couleur du taz que vous avez dans les mains… vous saurez à quoi vous avez à faire!

Pour en savoir plus ci-après une note d’information de l’Observatoire Français des Drogues et Toxicomanies…

 

Circulation de poudre de chloroquine

Note d’information SINTES du 13
décembre 2006
 

Au cours de deux grands événements
festifs de l’été 2006, des poudres de chloroquine
fortement dosées ont été recueillies auprès
d’usagers. Cédées par des personnes témoignant
d’effets indésirables immédiatement après
consommation par voie nasale ou intraveineuse, ces produits étaient
supposés être des stimulants (cocaïne ou
amphétamine).

Si la circulation de poudre contenant
de la chloroquine n’est pas un phénomène récent,
il semble qu’auparavant ces produits n’atteignaient pas les
dosages en principe actif compris entre 80 et 100 % des produits
récemment analysés.

La chloroquine est un antipaludéen
qui en cas de surdosage peut entraîner des intoxications
sévères et particulièrement des troubles
cardiaques. La suspicion d’une intoxication par de la chloroquine
nécessite la mise en oeuvre d’une aide médicale
rapide par le SAMU ou un service d’urgence hospitalier.

 

PRODUITS RECUEILLIS RECEMMENT

La circulation de poudres de
chloroquine très fortement dosées a été
mise en évidence durant les teknivals breton et charentais de
l’été 2006. En effet, au cours des deux événements
festifs, quatre échantillons de ces poudres ont été
recueillis auprès d’usagers par des équipes de
réduction des risques dans le cadre du dispositif de veille
SINTES. La chloroquine était le seul principe actif présent
dans ces poudres à des teneurs comprises entre 80 et 100%.

L’un des produits, cédé
pour du Speed (amphétamine), n’a pas été
consommé ; les trois autres produits, supposés être
de la cocaïne, ont provoqué des effets indésirables
immédiatement après consommation. Une personne s’est
plainte d’une sensation de brûlure intense dans les veines,
la cage thoracique et au niveau de l’anus au moment de l’injection
par voie intraveineuse d’une quantité estimée à
0,25 gramme de poudre. Cette sensation aurait duré environ une
heure avant de s’estomper peu à peu. Une autre personne
décrit un malaise persistant sur plusieurs heures après
avoir sniffé une partie de la poudre. Le dernier témoignage
rapporte vomissements et diarrhée durant les huit heures
suivant un usage par voie nasale chez une personne et des symptômes
identiques mais d’intensité moindre chez deux proches ayant
consommé le même produit. Les quantités de poudre
sniffée ne sont pas estimées en gramme mais sont
quantifiées par les usagers de plusieurs traits à un
rail. Les consommations associées rapportées sont le
cannabis seul ou avec de l’alcool.

 

AUTRES INDICATEURS DE CIRCULATION

Recueil de poudres et de gélules
contenant de la chloroquine entre 2000 et 2005

Entre 2000 et 2005, une première
version du dispositif SINTES a permis d’organiser des collectes
d’observation sur les drogues de synthèse circulant en
milieu festif. Dès la première année et durant
les cinq années d’exercice, des échantillons de
poudres contenant de la chloroquine seule ou associée à
d’autres substances ont été recueillis.

A titre indicatif, quatorze
échantillons de ces poudres ont été collectés
dont dix conditionnés sous forme de gélules en 2004 et
cinq échantillons dont une gélule en 2005. Parmi ces
produits, quinze contenaient uniquement de la chloroquine, quatre
autres lui associaient diverses substances actives : MDMA, caféine,
paracétamol, tramadol (analgésique). Les gélules
étaient toujours cédées pour de la MDMA, les
poudres le plus souvent pour du Speed (amphétamine). Les
résultats des dosages en principes actifs réalisés
sur cinq échantillons s’échelonnaient entre 36 et 60
%. Le produit avait été consommé dans sept cas
et trois personnes rapportaient des effets indésirables :
sensation de malaise dans le premier cas (voie orale), sensation de
malaise associée à des céphalées et une
irritation des narines dans le deuxième cas (voie nasale) et
maux de ventre accompagnés de diarrhée dans le dernier
cas (voie nasale).

 

Saisies de poudre contenant de la
chloroquine entre 2003 et 2006

L’INPS (Institut national de police
scientifique) mentionne huit poudres saisies contenant de la
chloroquine analysées dans ses laboratoires au cours des trois
dernières années : deux en 2004, trois en 2005 et trois
également en 2006. Ces produits contenaient uniquement de la
chloroquine, excepté un mélange chloroquine,
paracétamol et tramadol en 2005. Le dosage en principe actif a
été effectué pour deux échantillons et
indiquait des teneurs de 4 et 63 %.

Les laboratoires des Douanes ne
rapportent aucune saisie de poudre contenant de la chloroquine en
2004, alors qu’en 2005 une poudre d’un mélange héroïne
et chloroquine avait été analysée et qu’en
2006 le produit avait été retrouvé dans deux
gélules et un bloc provenant d’une même saisie.

 

Circulation de comprimés de
Nivaquine® vendus pour de l’Ecstasy

Les comprimés de Nivaquine®
100 mg font partie des spécialités pharmaceutiques
connues pour être vendues pour des Ecstasy. Cette revente,
qualifiée d’ « arnaque médicamenteuse »,
a pu être observée dès 2000 et se poursuivait en
2005.

A notre connaissance, aucune
intoxication après ingestion de comprimés de Nivaquine®
dans le cadre d’un usage festif n’a été rapportée
à ce jour.

 

INFORMATIONS SUR LA CHLOROQUINE

La chloroquine est un antipaludéen
de synthèse utilisé dans le traitement préventif
ou curatif du paludisme. Sa résorption digestive est rapide et
importante (80 à 90 %), sa diffusion tissulaire importante, sa
métabolisation hépatique partielle, son élimination
urinaire lente et sa demi-vie est de 10 à 70 heures.

En France, la chloroquine est
commercialisée sous la dénomination Nivaquine® 100
mg par comprimé, Nivaquine® 300 mg par comprimé et
Avarine® (association de chloroquine à 100 mg et de
proguanil 200 mg par comprimé). Aucune forme injectable n’est
commercialisée.

 

Surdosage

La dose toxique est estimée à
2 g par voie orale et la dose létale de 30 à 50 mg/kg.
Aucune indication n’est disponible pour la voie intraveineuse, la
dose thérapeutique indiquée étant de 10 mg/kg en
perfusion lente.

Le tableau clinique initial est
faussement rassurant (céphalées, nausées,
vomissements), l’arrêt cardiocirculatoire pouvant survenir de
façon brutale.

En raison de la précocité
de survenue de troubles cardiaques, la prise en charge doit être
rapide, le transport assuré par le SAMU vers un service
spécialisé. Une surveillance en unité de soins
intensifs est nécessaire pour une surveillance cardioscopique.

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