Justice : cannabis à volonté – pour les rastas

En Italie les adeptes de la religion rasta peuvent fumer librement du cannabis…

Source : http://www.courrierinternational.com/insolite/insoliteaccueil.asp?page=1&obj_id=88214#88214
Date : 31/07/2008

Doctors smoke it, nurses smoke it, judges smoke it, even the lawyers
too" ? "Les docteurs la fument, les infirmières la fument, les juges la
fument, et même les avocats"
, chantait le rasta Peter Tosh dans Legalize It,
un des hymnes les plus célèbres au moment de la légalisation de la
marijuana. La star du reggae n’imaginait pas que, trente-deux ans plus
tard, la Cour suprême italienne elle-même lui donnerait raison.

Le
verdict n° 28720 de la 6e section de la Cour de cassation n’a pas
établi la légalisation de l’herbe, mais le droit pour toute personne
professant la foi rasta de fumer du cannabis à volonté sans encourir de
sanction.

Les fidèles de Jah et de sa réincarnation, le négus d’Ethiopie
Haïlé Sélassié Ier, peuvent librement circuler avec n’importe quelle
dose de ganja en sus de la quantité autorisée par la loi parce que, "selon
les informations relatives aux caractéristiques comportementales des
adeptes de cette religion d’origine hébraïque, la marijuana n’est pas
utilisée seulement comme herbe médicinale, mais aussi comme herbe
méditative"
, ont statué les juges.

La Cour de cassation a été appelée à examiner l’appel d’un habitant de
Pérouse âgé de 44 ans et condamné pour avoir été surpris par les forces
de l’ordre avec 100 grammes de marijuana dans sa voiture. L’homme avait
plaidé qu’il était adepte de la religion rastafarie et devait consommer
"l’herbe sacrée à raison de 10 grammes par jour". Le tribunal de Terni avait refusé de prendre en considération cette "justification spirituelle",
déclarant l’inculpé coupable de détention illicite à des fins de
trafic, et le condamnant à un an et quatre mois de prison. Ce verdict a
été confirmé par la cour d’appel de Pérouse en décembre 2004 ; la
sentence spécifiait que la quantité saisie ne pouvait être considérée
comme étant exclusivement à usage personnel.

L’homme a fait appel de cette décision et obtenu gain de cause
auprès de la Cour su­prême, qui a renvoyé la condamnation à la cour
d’appel de Florence afin qu’elle reconsi­­­dère son cas en tenant
compte du fait que la tradition religieuse rasta prévoit l’usage de la
marijuana comme "herbe
méditative, et comme telle porteuse d’un état psychophysique visant à
la contemplation dans la prière, dans le souvenir et dans la croyance
que l’herbe sacrée a poussé sur la tombe du roi Salomon et qu’elle en
tire sa force, comme on le déduit des informations fournies par les
textes précisant les caractéristiques de cette religion"
.

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