Les saisies de drogues dures explosent dans les campagnes

Le public découvre la consommation de drogue en milieu rural…

Source : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2008/10/25/01016-20081025ARTFIG00649-les-saisies-de-drogues-dures-explosent-dans-les-campagnes-.php
Date : 27/10/2008

Les gendarmes ont mis la main sur 148 kg d’héroïne entre janvier et septembre 2008, soit 233% de plus que l’an dernier.

Inexorablement,
les drogues dures se répandent à travers les campagnes. Selon les
toutes dernières statistiques compilées par la gendarmerie, la quantité
d’héroïne saisie dans les zones rurales et périurbaines entre janvier
et septembre 2008 a crû de 233 % par rapport à la même période l’an
dernier.

Dans le même temps, le nombre de cachets d’ecstasy
interceptés par la maréchaussée a été multiplié par trois, passant de
20 000 à 60 000. «Jusque dans les petites villes et les villages,
déplore un gradé, il est clair que les réseaux d’abord constitués pour
écouler le cannabis sont en train de se convertir au commerce des
drogues dures.»

Ces derniers mois, plusieurs coups de filet ont
illustré la diffusion croissante de l’héroïne en dehors des grandes
villes. En avril dernier, 25 personnes ont été interpelées en
possession de 28 kg de poudre et de 425 000 euros en espèces à Giens,
dans le Loiret. La semaine dernière, c’est une cargaison de 23,5 kg qui
a été saisie à Matour, bourg d’un millier d’habitants situé aux abords
de Cluny (Saône-et-Loire).

Au total, les gendarmes ont mis la
main sur 148 kg d’héroïne depuis le début de l’année, contre 44 kg
durant les neuf premiers mois de 2007.

Spectaculaire, cette
tendance est corroborée par les principaux indicateurs, désormais
passés au rouge. Entre janvier et septembre 2008, 39 005 infractions à
la législation sur les stupéfiants ont été constatées par les
militaires contre 31 674 en 2007 pour la même période, soit une
augmentation de 23 %. Dans le même temps, le nombre d’usagers mis en
cause est passé de 15 775 à 19 373, tandis que la quantité de cannabis
saisie a crû de 26 %, atteignant 4,4 tonnes depuis le début de l’année.

«Une évolution préoccupante»

Enfin, la valeur
des saisies mobilières et immobilières réalisées dans le cadre
d’affaires de stupéfiants atteint désormais 6 millions d’euros, contre
1 million d’euros l’an dernier. «Cette évolution illustre notre très
forte détermination à lutter contre ces réseaux qui sont de plus en
plus présents en zone rurale», estime le colonel Simon-Pierre Baradel,
chef du bureau des affaires criminelles de la gendarmerie.

Peu
étudiée et encore taboue, la diffusion des drogues hors des villes
constitue, de l’aveu même du président de la Mission interministérielle
de lutte contre les drogues et les toxicomanies (Mildt), «une évolution
préoccupante». «L’une des difficultés, c’est que les dispositifs de
prévention sont largement concentrés dans les centres urbains, analyse
Étienne Apaire. C’est pourquoi j’ai récemment demandé une cartographie
des consultations dédiées aux jeunes consommateurs afin de corriger
d’éventuelles inégalités d’accès. Par ailleurs, j’envisage de créer un
outil Internet d’aide au sevrage sur le modèle du site allemand Quit
the Shit, qui a déjà fait ses preuves.» De même, la Mildt entend
veiller à ce que l’interdiction de vendre de l’alcool aux mineurs soit
respectée jusqu’à la campagne, où le «Binge drinking» apparaît
désormais sur les places des villages.

 

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