Le plan secret pour nettoyer Paris du trafic de drogue

La police de Paris remet les drogues sur le devant de la scène…

 
Source : http://www.lefigaro.fr/actualites/
Date : 17/01/2008

Alors que la capitale est devenue un supermarché pour les trafiquants, la police passe à l’offensive.

Branle-bas
de combat dans les rangs de la police parisienne. Le préfet Michel
Gaudin a décidé de lancer une offensive sans merci contre les trafics
de drogue dans la capitale. Dès juillet dernier, il a donné instruction
à la police judiciaire, aux renseignements généraux et à la police
urbaine de proximité de dresser en commun un état des lieux très
précis. Un épais document, classé confidentiel et que Le Figaro
s’est procuré, lui a été remis le 24 septembre dernier et les policiers
viennent de boucler leur premier trimestre de «ratissage». «Paris est
de facto une plaque tournante de tous les trafics , révèle le
préambule. La capitale attire intra-muros des trafiquants et des
usagers acheteurs de toute la région parisienne et, au-delà, des
grandes villes de province.» Le plan secret évoque en outre
«l’émergence de bandes de jeunes délinquants organisant leurs trafics
dans les cités parisiennes sur le modèle de celles de Seine-Saint-Denis
ou des Hauts-de-Seine».

La drogue s’est donc enracinée. «Une
partie de l’opinion publique pense que le cannabis est sans danger. Or,
les dernières études démontrent que cette substance provoque des effets
désastreux chez les usagers. Le temps de la naïveté est révolu», assure
le préfet de police. Un jeune Parisien sur six dit fumer plus de 10
«joints» par mois, pour un budget moyen de 80 euros. «Très disponible,
très accessible», le cannabis est aussi acheté par «de jeunes
provinciaux qui viennent dans la journée par le train pour
s’approvisionner». Actuellement, cette marchandise se négocie entre
1 300 et 2 000 euros le kilo. La cocaïne, quant à elle, confirme sa
«démocratisation». Le rapport évoque le «rajeunissement des usagers» :
11% des usagers de poudre interpellés ont désormais entre 16 et 20 ans.
«Le trafic, qui inonde le marché parisien de manière très inquiétante,
réside dans un nouveau modus operandi, qui consiste à envoyer des
jeunes aux Antilles, tous frais payés, pour ramener plusieurs kilos de
marchandise.»

Acheté localement 5 000 euros, le kilo se négocie
jusqu’à 60 000 euros à Paris. Enfin, le crack arrose les secteurs de
Barbès, de la Goutte d’Or, de Château-Rouge ou encore de Stalingrad où
il est marchandé 30 euros la galette. «Le trafic a changé de mains,
note le rapport. Tenu il y a quelques années par des revendeurs
sénégalais, les "Modous", il est l’apanage depuis 2003 de jeunes issus
de cités qui trouvent ce trafic plus rentable que celui du cannabis.»
Enfin, la police a entrepris d’éradiquer l’ecstasy, revendue 5 euros la
pilule dans les milieux festifs. «Après infiltrations, nous avons une
demi-douzaine de discothèques dans le collimateur», assure Christian
Flaesch, directeur de la PJ parisienne. La majorité des fournisseurs
interpellée par la brigade des stupéfiants est localisée sur les cités
de Nanterre. Des descentes de «grande envergure» ne seraient pas à
exclure.

Établir le blanchiment

Sur le plan
géographique, une trentaine de secteurs ont été ciblés, notamment les
Xe, XVIIIe, XIXe et XXe arrondissements, «en raison de leur mauvaise
physionomie due à des trafics en cours d’identification». À chaque
prise, les policiers identifient les trafiquants avant de «passer au
crible leur patrimoine et celui de leur famille». «Huit objectifs
prioritaires ont été atteints en trois mois. Nous nous attaquons
maintenant à plusieurs grosses cités, accueillant une pluralité de
dealers , dans les XIXe et XXe arrondissements», confie-t-on au 36,
quai des Orfèvres. Sachant que la majorité des revendeurs sont
multirécidivistes, la PJ pourchasse les trafiquants condamnés et en
fuite. Entre janvier et août dernier, pas moins de 338 d’entre eux ont
ainsi été retirés du pavé parisien. Les traques du service de
l’exécution des décisions de justice s’accentuent.

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