Légalisons toutes les drogues ?

 

date : mardi 16 octobre 2007
source : http://citron-vert.info/spip.php?article901
par Gilles Pradeau

 

Légaliser
toutes les substances psychoactives, y compris l’héroine, tel est le
conseil que vient de faire un haut-responsable de la police du Pays de
Galles.
 

Dans le passé, M. Brunstrom,
directeur de la police du Pays de Galles, avait déjà dit que les lois
sur les drogues étaient dépassées et que la police était engagée dans
un combat qu’elle ne pouvait gagner. Désormais, dans le cadre de la
révision de la stratégie anglaise de lutte contre la drogue, il
recommande de sortir d’une politique de prohibition.

Selon M. Brunstrom, il faudrait sonner la fin de la
guerre contre les narcotiques illégaux, car c’est un échec. Il insiste
dans un rapport assez radical de 30 pages
que le système de classification actuel est aussi dépassé et devrait
être davantage basé sur des preuves scientifiques sur la dangerosité,
et inclure évidemment l’alcool et le tabac : non seulement le nombre
d’usagers a continué d’augmenter mais c’est aussi le cas des crimes en
relation avec ce marché dont le chiffre d’affaires est maintenant
comparable avec le pétrole.

Il plaide pour un système qui selon lui "réduirait
dramatiquement la criminalité relative aux drogues et transférerait des
fonds importants du renforcement législatif vers la réduction de
risques et les traitements
" connus pour être efficaces. Que ce soit
les conservateurs qui plaident pour un contrôle plus ferme aux
frontières, ou Gordon Brown qui a fait de ce sujet un nouveau cheval de
bataille, la demande a peu de chances d’être entendue.

Pourtant, le décalage entre la réalité des effets
dramatiques de certaines drogues socialement mieux acceptées n’est plus
à démontrer : selon l’étude, 13 000 personnes sont décédées des suites
du tabac en Ecosse et 2052 des suites de l’alcool pour l’année 2004.
Pour les drogues illégales, seulement 356 décès. Est-ce pour autant
l’effet du manque d’accessibilité de ces produits dû à leur illégalité ?

Ces consommations ont en fait un autre impact,
économique celui-là. En effet, pour les substances les plus pénalisées,
le coût en terme de criminalité s’évaluerait à plus de 20 milliards
d’euros, sans compter les effets sociaux.

Hier lundi pour la sortie officielle du rapport,
Brunstrom a été rejoint par l’ancien Inspecteur des prisons, Lord
Ramsbotham : le nombre énorme de personnes en prison pour des problèmes
liés à la drogue prouve que la politique actuelle, basée sur la
prohibition, ne marche pas.

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