SUISSE: «L’abstinence peut être une option dangereuse»

Arguments Suisses pour la substitution comme solution au même titre que l’abstinence…

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Delia Collardi – 13/08/2007


Le Matin



Les Lausannois avaient refusé, en juillet
dernier, l’installation d’un local d’injection à
l’avenue César-Roux. Les méthodes de substitution
à la drogue données dans ce type de structures
seraient moins dangereuses que l’abstinence

«L’abstinence n’est pas adaptée à tout le monde,
il faut faire attention», avertit Robert Hämmig,
président de la Société suisse de médecine de
l’addiction (SSMA)

Selon les nouvelles recommandations de la
société, l’abstinence serait une option
dangereuse pour les consommateurs d’héroïne.
«Attention, nous ne sommes pas contre, précise
M.Hämmig. Mais forcer des gens qui ne sont pas
prêts peut se révéler dangereux. Il faut
absolument que la personne soit motivée et
qu’elle soit suivie.»

Pour lui, tous les drogués ne vivent pas dans un
contexte favorable à une réussite. Mieux vaut
alors d’abord préconiser la méthode de
substitution pour prendre moins de risques.

Et Robert Hämmig de poursuivre: «En cas de
rechute, la consommation est souvent plus
excessive et les risques d’overdoses augmentent.
Cela arrive souvent.»

Bémol de l’Office fédéral de la santé publique

Du côté de l’Office fédéral de la santé publique,
on ne condamne pas ces recommandations, mais on
émet tout de même un bémol: «La Société suisse de
médecine de l’addiction laisse penser que seule
la substitution est bonne. Alors que nous pensons
qu’il faut laisser la porte ouverte à
l’abstinence, explique René Stamm, remplaçant du
chef de la section drogue. Ces recommandations
sont rationnelles, alors que dans les cas de
drogue il y a d’abord un humain.»

Cette nouvelle thèse arrive après le rejet par le
peuple du local d’injection à Lausanne en juillet
dernier, mais elle n’aurait pas pour autant fait
changer d’avis les fervents adversaires, à
l’image de Claude-Alain Voiblet, candidat UDC au
Conseil national: «L’UDC a une politique très
tranchée en matière de drogue. Les locaux
d’injection amènent un environnement défavorable
pour la population, ce sont des zones de
non-droit. Les réflexions de la SSMA peuvent être
analysées à court terme, mais notre politique de
la drogue vise le long terme. Et, à long terme,
l’abstinence est la meilleure des solutions,
c’est aberrant de maintenir les gens dans leur
dépendance. Une énième étude ne nous fera pas
changer notre fusil d’épaule.»

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