BULLETIN D’ENCOD SUR LA POLITIQUE DES DROGUES EN EUROPE : UN VRAI CASSE-TÊTE

ENCOD invite les partisans d’une politque juste des drogues à participer à l’évaluation de la guerre à la Drogue qui aura lieu en 2008 à Vienne.

JUIN 2007
Par : Joep Oomen – www.encod.org
Traduction : Jean-Michel Rodriguez

La
politique est essentiellement un jeu de casse-tête joué par des
personnes qui prétendent avoir des solutions aux problèmes posés par la
société. Si un jury de façon honnête devait aider les gens, qui n’ont
pas le temps d’étudier les détails de ces problèmes ,à choisir
consciemment le moment où il doit exprimer son soutien a une des
solutions proposées.

Le casse-tête concernant le futur de la politique des
drogues ne peut être résolu que par ceux qui veulent en finir avec la
prohibition.Ce n’est qu’une question de temps avant que l’information
sur cet énorme échec des actuelles politiques des drogues ne soit
divulguée à l’opinion publique.

Avec le temps ,la connaissance croissante du public des
analyses alternatives, basées sur l’acceptation de la consommation de
drogues par des adultes,pourra ouvrir une porte sur de nouvelles
possibilités.
Ces possibilités permettront d’aborder les choses de façon plus juste ,
pas seulement pour les consommateurs de drogues et leur entourage ,
mais aussi pour un éventail d’autres champs tels que le développement
durable , la cohésion sociale, une économie propre , la lutte contre la
corruption , le déficit démocratique , etc.. L’Histoire démontre que ce
savoir populaire peut apparaître de façon spontanée, au travers d’un
nouveau courant de pensée provoqué par un enchaînement
d’événements,pas par un seul.

Notre mission est de franchir l’abîme qui existe entre
le monde des citoyens et celui des politiciens.Dans le premier on subit
les problèmes concrets sans pouvoir prendre de décisions pour les
résoudre.Dans le second les problèmes sont perçus de loin et sont sous
l’influence de groupes qui représentent certains intérêts.L’absence
totale de débats sérieux sur les drogues dans l’arène politique, malgré
le fait que le problème affecte virtuellement tout le monde,démontre
que les intérêts cachés pour maintenir le statu quo sont assez
sur-représenté dans
cette arène.

Il faut provoquer un courant de pensées qui peut faire
la différence, allant et venant entre ces deux rives.Dans le premier
sont les gens , la réalité quotidienne et le sens commun.C’est
l’endroit où s’inventent des solutions pratiques pour créer de petites
marges de tolérance à l’intérieur du cadre légal, comme par exemple les
Clubs Sociaux du Cannabis.

Sur l’autre rive , on rencontre l’appareil politique et
bureaucratique ,
les parlements nationaux , les réunions des Nations Unies et l’Union
Européenne, où opèrent des forces occultes pour le maintien de
l’illégalité des drogues. Ils s’assurent ainsi que le coût publique de
l’approche répressive des drogues peut continuer sans difficultés ,
malgré la quantité croissante de preuves que cela ne fonctionne pas.Les
rares déclarations des politiciens sur la politique des drogues
démontrent que la majorité ne considère même pas le fait que
les "problèmes de drogues" pourraient être le résultat de leurs
politiques. Cependant , dans le cas de ceux qui s’affrontent à la
réalité comme cela arrive chez certains politiciens locaux,ils ont
tendance à changer d’idée.


Pour traverser cet abîme nous avons besoin de bons
équipages et de la
détermination.Les gens doivent passer d’une rive à l’autre sans courir
le risque de se noyer en cours de route.Ils devraient se sentir
bienvenus
sur chacune de ces rives et ne pas être une cible pour l’appareil
politique
dans son entier sur une position marginalisée , ni aboutir à faire
partie du discours officiel et "représenter" les deux rives sans
vraiment savoir ce qu’il s’y passe.

La prochaine étape de ce casse-tête c’est la réunion à
l’ONU à Vienne ,en 2008. Le but de cette réunion est d’évaluer la
stratégie mise en place il y a dix ans lors de la UNGASS concernant les
drogues en 1998, pour"éliminer ou réduire significativement l’offre et
la demande de drogues illicites".La préparation officielle de cet
événement fut presque pathétique dans la manière dont les gouvernements
occidentaux et les institutions internationales ont évité de traiter le
fait que le résultat de l’évaluation pourrait changer cette stratégie.

En résumé : Vienne 2008 est la parfaite occasion pour
ces citoyens qui veulent participer activement à la fin de la guerre
globale contre les drogues, unir des forces et montrer au monde qu’il y
a plus à craindre de la prohibition que d’une alternative
tolérante.Dans quelques mois nous lancerons un appel à des milliers
d’activistes pour aller à Vienne en mars 2008 ,pour exprimer de manière
pacifique mais ferme,l’appel au changement.

Si nous travaillons ensemble comme représentants de
citoyens affectés par la prohibition des drogues dans leurs vies
professionnelles et personnelles, nous pourrons partager nos
connaissances sur comment construire des ponts,et le résultat final
sera beaucoup plus fort.

Dans l’attente du processus de dialogue dans l’Union
Européenne , ENCOD a proposé à d’autres réseaux d’ONG européennes sur
les drogues,qui travaillent surtout dans le domaine de la santé,de
considérer l’élaboration d’une solution commune au dilemme
actuel créé par le rejet du dialogue de certains gouvernements de
l’UE.La différence essentielle entre ENCOD et les autres réseaux c’est
que nous favorisons une analyse transversale (la connaissance des
drogues appartient justement à ceux qui sont
confrontés à la réalité au quotidien) tandis que les autres réseaux
souhaitent limiter le dialogue aux "professionnels".

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