Les jeunes fêtards français font l’assaut des discos belges

L’offre festive belge : 48 heures de beauverie tous les week end.
Leurs plus gros clients : les Français bien sûr…

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LE MONDE | 28.04.07

Chaque week-end, des milliers de jeunes Français
venus du Nord, de Paris et de bien plus loin
investissent les discothèques géantes de l’ouest
de la Belgique, où ils constituent 80 % de la
clientèle. Soucieux de s’amuser, mais aussi de
boire plus que de raison, beaucoup de ces fêtards
développent une nouvelle technique qui inquiète :
le stockage d’alcool dans le coffre de leur
voiture, dans des flacons détournés de leur
vocation première – jus de fruits, tubes de sauce
ou concentré de tomate.

Arrivant parfois le vendredi soir pour commencer
une fête qu’ils prolongeront jusqu’au dimanche,
les jeunes s’approvisionnent massivement dans les
nombreux magasins de nuit, à Tournai ou Mouscron,
afin de ne pas payer de consommations dans les
dancings. Entre deux séances sur la piste, ils
s’abreuvent dans les toilettes et les parkings.
La technique inquiète les propriétaires des
boîtes de nuit, qui voient leur chiffre
d’affaires chuter, et la police, fréquemment
confrontée à des noceurs qui frôlent le coma
éthylique et sont trop souvent impliqués dans des
accidents graves.

Les premiers s’organisent en développant les
contrôles et la télésurveillance. La seconde
combine prévention et répression. Elle note une
amélioration sur les derniers mois, mais se
préoccupe de la présence de nombreux dealers de
drogue qui proposent notamment à cette clientèle
de l’ecstasy qui, combinée à l’alcool, a des
effets dramatiques. Il y a quelques semaines, un
jeune Français en overdose a été déposé par ses
copains devant une clinique de Tournai. Il était
mort.

Les maires de la région ont pris une ordonnance
obligeant les dancings à fermer leurs portes à 8
heures du matin. Selon Dominique Leroy, ancien
responsable de la circulation à la police de
Tournai, cela a au moins eu le mérite
d’interrompre une fête sans fin qui pouvait
plonger des noceurs dans une dangereuse
inconscience.

Jean-Pierre Stroobants

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