Le Subutex sous haute surveillance

Un argumentaires des acteurs sanitaires contre le classement du subutex comme stupéfiants…

 Source : Revue de presse de la MILDT du 06/02/2006

Dans la rubrique "Rebonds" de LIBERATION de samedi,, sous le titre « Sida et toxicomanie les dangers d’une volte face  », un article de
Patrizia Carrieri, Bruno Spire, Jean Paul Moatti de l’Inserm, Jean
Claude Desenclos de l’Institut de veille sanitaire, Christian Saout,
président d’Aides et Jean Marc Priez, président de l’Association
française pour la réduction des risques
.
Les auteurs qui
font l’historique de la politique de réduction des risques en France,
estiment que la « proposition du ministère de l’intérieur et de la
MILDT de classer la buprénorphine comme « stupéfiant » menace une
grande partie des progrès de ces dix années en matière de prévention
chez les usagers de drogue ». Indiquant que le Subutex qui peut être
facilement prescrit en médecine générale pour une durée maximale de 28
jours, à approximativement 100 000 usagers de drogue dépendants de
l’héroïne, a permis de faire baisser massivement la criminalité et
surtout de sauver 3500 vies en diminuant les décès par overdose, ils
précisent que ce système a permis aussi l’accès aux soins et notamment
au traitement rétroviral du sida pour les usagers séropositifs, tout en
diminuant la transmission du virus par injection et en favorisant
l’insertion sociale de ces personnes. Reconnaissant que le produit a
été sujet à des détournements et a fait l’objet de mésusage, ils jugent
que ces risques sont très inférieurs aux bénéfices que la diffusion du
Subutex a apportés à la santé publique. Selon eux, les propriétés
pharmacologiques du Subutex n’en font pas un stupéfiant, le risque
d’overdose n’existe pas et ses effets psychoactifs sont très limités.
D’après les auteurs, l’actuelle proposition de classement
transformerait sa possession sans ordonnance en délit, et les
contraintes supplémentaires liées à sa prescription « pourraient à
l’avenir décourager prescripteurs et patients d’entreprendre voire de
poursuivre » ce traitement. Les spécialistes qui assurent que d’après
la littérature scientifique, « plus la politique de la toxicomanie est
répressive, plus la transmission du VIH augmente chez les usagers de
drogue », soulignent que cette nouvelle classification du Subutex
auraient des retombées négatives pour la prévention. Indiquant que
« l’expérience pionnière de la France a contribué à l’introduction des
traitements par buprénorphine dans de nombreux pays (…) avec des
succès notables », les auteurs considèrent « qu’un recul de la France
dans le domaine des traitements de substitution (…) enverrait un bien
triste signal qui pourrait freiner partout dans le monde les politiques
de prévention du VIH et de l’hépatite C (..) et entretenir voire
relancer l’épidémie dans la population générale ».

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