Albert Hofmann souhaite que le LSD soit à nouveau autorisé.

Albert Hofmann, qui vient de fêter ces 100 ans, souhaite que le LSD soit à nouveau autorisé. Un congrès lui est d’ailleurs consacré en Suisse : les usagers récréatifs de cette drogue y auront-ils la parole ?
Source : AFP mercredi 11 janvier 2006

A 100 ans, le "père" du LSD veut réhabiliter son invention

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ZURICH (AFP) – Le chimiste suisse Albert Hofmann, qui a découvert le LSD il y plus de 60 ans, a fêté mercredi son centième anniversaire, profitant de l’occasion pour tenter de réhabiliter une invention aux vertus curatives lorsqu’elle n’est pas dévoyée.

Albert Hofmann recevra ce week-end à Bâle, où il vit depuis toujours, les hommages de savants du monde entier, lors d’un symposium consacré à cette substance hallucinogène aujourd’hui totalement interdite, qu’il a découverte par hasard, dans son laboratoire, en 1943.

"Je me considère comme un Suisse ordinaire, qui aime la simplicité", déclare-t-il dans un entretien publié mercredi par le journal Tages Anzeiger.

Albert Hofmann, qui n’a rien à voir avec la famille Hoffmann-LaRoche, du groupe Roche, a fait toute sa carrière de chercheur chez Sandoz, l’un des trois grands groupes pharmaceutiques de Bâle, entre 1929 et 1971.

C’est là qu’il a découvert "par hasard" cette drogue hallucinogène, en faisant tomber sur sa main une goutte d’une substance chimique sur laquelle il travaillait, le diéthylamide de l’acide lysergique (LSD 25). Aussitôt, le chimiste ressent d’étranges sensations, des angoisses, des vertiges, et des hallucinations.

Trois jours après, il teste à nouveau le produit, cette fois-ci volontairement, et ressent les mêmes effets.

"Le +moi+ disparaît au profit d’un état mystique, le ciel et la terre se mélangent, on se sent partie intégrante de l’univers, on entre dans un nouvel état de conscience", explique-t-il pour décrire les effets du LSD.

Sous l’emprise du LSD, on voit, on entend et on sent différemment, de manière très intense, et ce dès une dose infime, relève Albert Hofmann.

Sandoz va produire du LSD sous formes de dragées et d’ampoules, entre 1947 et 1966, date de son interdiction, la substance étant devenue la drogue vedette des années 1960 dans les milieux hippies.

Auparavant, la substance était surtout utilisée en psychiatrie, pour traiter des malades amorphes, qui ne réagissaient plus à aucun médicament.

Avec le LSD, ces malades "étaient stimulés, ils se sont dans un certain sens réveillés", déclare Albert Hofmann aujourd’hui.

Le chimiste à la retraite souhaite ardemment que la substance soit à nouveau autorisée. "Pour le LSD, une interdiction totale est en vigueur", à l’initiative des Etats-Unis, qui voulaient ainsi contrecarrer les effets dévastateurs de la drogue, rappelle M. Hofmann.

"Il faut que cela change, et j’espère que ce congrès qui se déroulera en fin de semaine à Bâle pourra y contribuer", indique-t-il, à propos du colloque international intitulé "LSD – enfant terrible et drogue miracle" (du 13 au 15 janvier au centre des congrès de Bâle).

Selon M. Hofmann, le LSD aide à soulager les souffrances, surtout pour des malades en fin de vie, là où la morphine n’a plus d’effets.

Des savants américains et européens de premier plan se sont également prononcés pour un assouplissement de l’interdiction du LSD dans la recherche et en thérapie.

Mais le centenaire rappelle que l’absorption du LSD à la légère peut être extrêmement dangereuse et que l’on ne sait pas ce que contiennent les pilules vendues sous le manteau.

Le chimiste a reçu malgré tout les hommages du président suisse, Moritz Leuenberger, qui a salué un "grand explorateur de la conscience humaine".

 

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