Imagine…c’est pour demain

L’année semblait pourtant bien commencer mais voilà ce qui nous attend en teuf…

En toute discrétion le Sénat1
en décembre dernier a choisi de transférer 18 millions du ministère de
la Santé vers la MILDT (Mission Interministérielle de Lutte contre la
Drogue et la Toxicomanie).

Au même moment un décret finalisant
la création de CAARRUD (Centre d’Accueil et d’Accompagnement à la
Réduction des Risques des Usagers de Drogues) est paru le 2 janvier. Ce
dispositif sensé être une grande victoire pour la RdR semble toutefois
totalement inadapté aux actions en milieu festif dont les teufs car
aucune des associations des santé de communautaire ou d’auto-support
issue de la tekno ne peut y entrer!

Or une petite partie
des fameux 18 millions qui sont partis à la MILDT servaient justement à
financer ce genre d’associations ce qui ne sera plus le cas en 2006!
C’est donc la mort programmée de tout un tas de strucures petites ou grosses qui
n’ont pu ou pas voulu devenir CAARRUD.

Ce
qui nous attends dans les teufs correspond au dessin que nous avons fait, à savoir une professionnalisation mais
surtout une médicalisation du dispositif actuel.

(1) L’action « Déterminants de santé », rassemble
ainsi les politiques d’information sur les risques de santé évitables
liés à des comportements ou à un environnement à risque. Ces crédits
s’élèvent à 34,7 millions d’euros, dont 18 millions d’euros pour le
plan de lutte contre les drogues illicites, le tabac et l’alcool. Il a
proposé d’imputer, par voie d’amendement, les crédits relatifs à ce
plan, piloté par la Mission interministérielle de lutte contre la
drogue et la toxicomanie(MILDT), sur le programme « Drogue et
toxicomanie ».

(source :
http://www.senat.fr/rap/a05-103-4/a05-103-4_mono.html)

Un Sénateur PS (Roger Madec) explique sur son
site que cet argent va servir à compenser les baisses budgetaires de la
MILDT et à intensifier les campagnes anti-canabis :

En outre, à la lecture du « bleu » budgétaire,
il
apparaît que la mise en oeuvre du programme « Drogue et toxicomanie »
s’appuie sur quatre opérateurs, financés sur les crédits de l’action «
Coordination interministérielle des volets préventif, sanitaire et
répressif » pour un total de 9 millions d’euros en 2006.
Pour une meilleure efficacité de ces outils de
prévention, il me semble nécessaire d’intégrer l’ensemble de ces
opérateurs dans la MILDT.
Alors que la consommation de cannabis augmente dans
notre pays, les campagnes de prévention ne me paraissent pas être à la
hauteur du problème. En effet, la consommation de ce stupéfiant est en
recrudescence continue et devient de plus en plus précoce : à dix-huit
ans, plus de 50 % des adolescents en ont fait l’expérience ; parmi eux,
24 % des garçons et 9 % des filles en font un usage régulier.

(source :
http://www.senateurs-socialistes.fr/article/articleview/2208)

 

A quoi servait cet argent auparavant ? 

Tout
simplement à financer le fonctionnement et les projets de tout un tas
d’associations comme Techno+, ASUD, les missions rave de Médecins du
Monde…

 et voilà quoi il va servir : le programme "Drogue et Toxicomanie" de la MILDT qui sert à
financer 4 acteurs :

  • drogues alcool tabac info
    service
    (Datis) : en 2006 4,7 millions
    d’euros
    .
  • l’OFDT : en 2006 3,3 millions
    d’euros
    auxquels s’ajoute une subvention du REITOX
    à hauteur de 110.000 euros.
  • le centre interministériel de
    formation
    antidrogue
    (Cifad) : en 2006 516.100 euros.
  • l’association Toxibase
    : en 2006 442.000 euros.

(source :
http://www.senat.fr/rap/a05-103-4/a05-103-4_mono.html)

Et théoriquement voilà à quoi correspond le "programme drogue et
toxicomanie":

Dès 2006, ces crédits doivent trouver leur
place au sein de l’architecture nouvelle définie par la Loi Organique
du 1er août  2001 relative aux Lois de Finances (LOLF).
Ils s’inscriront au Programme Drogue et Toxicomanie appartenant à la
mission santé. Au projet de loi de finances pour 2005, 38.000.000 ?
sont inscrits, répartis, dans le cadre du projet annuel de performances
du programme, entre les actions prioritaires suivantes :

  • La coordination interministérielle des
    volets préventif, sanitaire et répressif.
  • L’expérimentation de nouveaux
    dispositifs partenariaux de prévention, de prise en charge et
    d’application de la loi.
  • La coopération internationale.

Chacune de ces actions est assortie
d’objectifs et d’indicateurs de résultats de l’action.
Le président de la MILDT est responsable de ce programme.

(source : http://www.senat.fr/rap/a05-103-4/a05-103-4_mono.html)

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