Suisse : une politique raisonnable en matière de drogue

Pour les professionnels Suisses des drogues, la différenciation entre substances légales et illégales n’est plus pertinente. ils proposent des réformes légales en ce sens…

Date : 3/3/06
Source : Swissinfo
Site : http://www.swissinfo.org
http://www.swissinfo.org/sfr/swissinfo.html?siteSect=113&sid=6520466&cKey=1141390878000

BERNE – Les professionnels des dépendances s’engagent pour ancrer la politique des quatre piliers dans la loi sur les stupéfiants. Dans une déclaration commune, Romands et Alémaniques proposent des pistes pour une approche différenciée.

La barrière de röstis n’existe plus entre les professionnels des dépendances, affirment ces derniers qui, symboliquement, ont offert des röstis à la population sur la Place fédérale à Berne. La majorité d’entre eux sont d’accord sur le fond et donnent un signal clair pour que les Chambres fédérales adoptent cette année encore la révision partielle de la loi.

C’est un premier pas qui pose les bases de la politique à mener. Pour des raisons stratégiques, le Groupement romand d’études sur l’alcoolisme et les toxicomanies (GREAT) et son homologue alémanique Fachverband Sucht ne veulent en revanche rien dire sur l’initiative populaire déposée en janvier
pour une politique raisonnable en matière de drogue.

En occupant tout l’espace de discussion, la légalisation du cannabis a fait capoter la précédente révision. Il s’agit désormais d’avancer pas à pas en dépassionnant le débat, a déclaré devant la presse Jean-Philippe Savary, secrétaire du GREAT. La révision proposée reprend ainsi les éléments non contestés du premier projet.

Mais il faudra bien un jour trouver une solution concernant le cannabis, admet M. Savary. Pour les professionnels de la dépendance, il faut aborder le problème autrement, non seulement au travers du produit mais aussi des comportements.

Il faut pouvoir règlementer selon la dangerosité des produits et les comportements. Markus Theunert, secrétaire du Fachverband Sucht a donné l’exemple d’un individu fumant un joint de marijuana une fois
occasionnellement et d’un autre qui consomme quotidiennement de grandes quantités d’alcool.

La nouvelle base légale doit permettre le passage d’une politique des drogues illégales à une politique des addictions basée sur des connaissances objectives et qui respecte les individus, selon les spécialistes. D’après eux, la différenciation entre substances légales et illégales n’est plus pertinente dans la réalité, où les polyconsommations tendent à devenir la norme.

Certes chaque substance a ses propres caractéristiques, mais il faut mieux tenir compte des usages différenciés qui peuvent en être faits. Ainsi, selon la plateforme commune, une consommation occasionnelle ou à faible dose contrôlée par l’individu, quelque soit le produit, est peu ou pas problématique.

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