L’usage criminel du GHB ne serait pas si fréquent…

Revue de Presse de la MILDT
23 juillet 2005

LIBERATION rend compte, ce week end, des résultats d’une enquête nationale du Centre d’évaluation et d’information sur la pharmacodépendance (Ceip) de Paris sur les victimes d’abus sexuels ou de vols par soumission chimique. Cette enquête, réalisée à la demande de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé, pour mieux connaître le contexte, les produits utilisés et les conséquences cliniques, montre que les femmes (dont près d’une sur six est encore mineure) sont plus souvent victimes que les hommes et « ont été le plus fréquemment agressée sexuellement, et les hommes volés ». Le profil des victimes de « soumission chimique » est l’amnésie (52%), les troubles de la vigilance (39%), les lésions traumatiques (31%) et les troubles visuels (6%).
Le quotidien révèle que le phénomène, « aurait pris de l’ampleur ces dernières années, d’autant que les agresseurs ont accès à de nouveaux produits, tel que le GHB (acide gamma hydroxybutyrique), médicament initialement utilisé en anesthésie et rebaptisé drogue du viol. Face à le recrudescence de son utilisation, les pouvoir publics ont diffusé une circulaire dans les services d’urgence fin 2002 pour attirer leur attention et établir des recommandations ».C’est en parallèle à cette circulaire que le Ceip a coordonné l’enquête. Le centre « a recueilli 258 cas suspects, provenant du réseau des Ceip français, des centres antipoison et des centres régionaux de pharmacovigilance, en collaboration avec les services hospitaliers et les laboratoires de toxicologie. » Bien que les laboratoires privés n’aient pas participé, l’enquête donne une « bonne idée » du phénomène à l’échelle nationale : au final, 119 des 258 cas ont été confirmés, par le contexte et les analyses toxicologiques. « Les médicaments le plus souvent impliqués appartiennent à la famille des benzodiazépines » dont la molécule apparaît chez 82 victimes, « le GHB n’a été identifié que chez 6 personnes, son usage criminel ne serait donc pas si fréquent ». Les agresseurs auraient aussi recours plus rarement à des antihistaminiques, des somnifères légers, des produits antiallergiques et des anxiolytiques.

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