Communiqué suite à la réunion du 5 février 2014 au ministère de l’intérieur, avec le ministère de la Jeunesse et des sports

Nous, sound systems et collectifs qui soutenons cette démarche, avons été contactés par l’association Technotonomy qui nous a proposé de participer à une réunion avec le ministère de l’intérieur et le ministère de la Jeunesse et des Sports pour parler de la situation difficile des free party et essayer de trouver des solutions pour améliorer cette situation, sur le terrain et dans la loi.

14 sound systems ou associations ont répondu présents, venus de 12 régions françaises.  Habitués des négociations ou pas, actifs depuis longtemps ou nouveaux venus, organisés en association ou pas, avec différentes visions de la free party, nous n’avons pas voulu parler « au nom » de la scène free, mais nous avons tous en commun de connaitre de nombreuses galères dans l’organisation de nos soirées, de subir la répression très régulièrement, parfois même des saisies. Nous avons aussi tous en commun de défendre le coté amateur de la free party.

L’association Techno+ qui a fait un travail sur la répression dans les free party en France et qui est présente sur le terrain tous les week-end était aussi invitée pour donner sa perception de la situation.

Les personnes suivantes ont donc assisté à la réunion :
AQUITAINE : Michaël, Arakneed ; BRETAGNE : Vincent, 716 / Association Arts et Cultures, et Julien, Convoyeurs de Sons, CENTRE : Mathieu, DAT – Résistance Sonore, FRANCHE COMTE : Resistance Sonore Est ; LANGUEDOC-ROUSSILLON : Rudolf, Suce Mon Beat ; PACA : Adil, Metek Sound System ; NORD : Sebastien,  TUGS, NORMANDIE :  Jérôme, Stup &Tek Family, PARIS IDF : Ivan, MST et Jean-Marc, Insoumis, PAYS DE LOIRE : Julien, CKD et Ronan,  44en Kval

Les associations suivantes étaient représentées :
TECHNO+ : Vincent
TECHNOTONOMY : Samuel

Nous nous sommes réunis avant cette réunion et avons décidé de parler de ce qui nous unis et de ce qui nous rassemble avant tout :

A travers les forums, les mailing-lists et lors des pré-réunions locales et nationale, une grande partie des acteurs de la culture underground a participé à l’élaboration de cette réunion

  • Nous sommes une culture amateure et alternative qui compte le rester !
  • Trop de répression, d’arbitraire sur le terrain, les autorités doivent faire respecter la loi et être les premiers à la respecter
  • La loi de 2002 est inadaptée et doit être modifiée, notamment sur le nombre de participants qui doit passer de 500 à 1500 sans avoir de déclaration préalable.
  • Les saisies, suspensions de permis et autres sanctions contre les organisateurs doivent disparaitre de la loi

Nous voulons également avoir des interlocuteurs compétents dans chaque préfecture qui « connaissent » les free et qui facilitent les démarches, que ce soit pour déclarer un événement ou pour obtenir de l’aide en cas de problème (saisies, amendes…), plutôt que des gens qui n’y connaissent rien et nous considèrent comme des nuisances. Le dialogue doit être une réalité dans chaque préfecture de France : il est inconcevable d’entendre aujourd’hui une préfecture qui refuse un dossier de déclaration ou qui met tout en œuvre pour ne pas autoriser l’évènement.
Lors de la réunion, nous avons exposé des exemples de ce qui se passe sur le terrain, des violences et de ce que nous vivons au quotidien.

Nous avons aussi expliqué que certains présents à cette réunion ont commencé les négociations avec le gouvernement depuis 2002, et que la plupart des promesses faites ne sont jamais tenues. Nos objectifs sont d’obtenir du concret, pas uniquement de belles paroles.
Si le gouvernement veut changer les choses, cette réunion ne doit pas être un coup isolé mais il doit y avoir un calendrier de réunions défini, avec des rencontres régulières pour voir ce qui avance.

La question des teknivals (1er mai, Sud, Centre …) doit être posée, mais cela ne doit pas être le sujet central des discussions. La préparation de ces manifestations doit avoir lieu avec un autre groupe de travail, organisateur de ces évènements.

REPONSES DU GOUVERNEMENT

Pour la question de la répression au quotidien :

Pour commencer rapidement : rédaction en commun entre le gouvernement et les sons d’une « fiche réflexe » qui partira vers toutes les préfectures et services de l’état, afin de leur expliquer comment agir quand ils reçoivent une demande de soirée légale ou quand ils sont informés d’une soirée illégale.
Un groupe de travail sera créé pour participer à la rédaction de cette « fiche réflexe » et chercher d’autres pistes.

Pour la question du changement de la loi sur les saisies, le nombre de participants, les sanctions:

Au départ réticent, le gouvernement est finalement d’accord pour ouvrir un groupe de travail qui réunira des membres des sons et des gens du gouvernement. Ce dernier est plutôt dubitatif quant à la faisabilité de ces revendications pourtant centrales.

Des interlocuteurs pour les sons dans les départements :

Le ministère de la jeunesse et des sports annonce la nomination d’ERIC BERGEAULT (Chef du service ISPJPP – DDCPP18 – et référent national des rassemblements festifs organisés par les jeunes) et de nouvelles missions renforcées de médiateurs pour les manifestations organisées par la jeunesse à l’échelon national. Des médiateurs par département seront nommés. Une liste de 30 noms dans 30 départements, avec leurs contacts, sera disponible pour la prochaine réunion, mais leurs attributions ne sont pas encore bien définies.

Des réunions régulières et un travail de fond :

Une prochaine réunion aura lieu mi-mars pour lancer les groupes de travail sur la loi et celui sur l’écriture de la fiche réflexe. Cette réunion aura lieu au ministère de la Jeunesse, plus à l’intérieur. Plusieurs autres ministères seront appelés à participer à ces réunions (santé, culture, agriculture sur la question de l’accès aux terrains…). Un calendrier des réunions sera élaboré en commun.

Concernant les Teknivals :

Un groupe de travail va être constitué pour le 1er mai, les sons du sud doivent contacter leur préfecture, faire des suggestions pour un lieu pour le 15 août. Un projet sera à l’étude pour le centre. En Bretagne/Pays de Loire la tendance ne serait pas à un teknival légal si les multi-sons sont repris dans différents départements.

En bilan

Sans présumer de ce qui va se passer ensuite et sans se nourrir de belles paroles, le fait que : deux ministères nous ont reçu, que des groupes de travail devraient être mis en place et qu’un calendrier de réunions régulières sera défini (prochaine réunion à la mi-mars) laisse penser que le gouvernement s’inquiète de la situation et des protestations qui ont eu lieu et que nous avons peut-être là, ensemble, une fenêtre de tir pour améliorer notre situation.

Ce qui est important pour nous maintenant, c’est de faire participer un maximum d’acteurs de notre culture et donc d’élargir le cercle de travail.
Travail qui ne pourra se faire que si tout ceux qui veulent changer les choses donnent leur avis, pour ou contre.
Nous appelons donc les motivés à nous rejoindre et notamment à venir renforcer les groupes de travail qui pourraient bosser sur des solutions comme la réforme de la loi, les « fiches réflexe », les projets teknivals, etc.

Un forum pour les intéressés sera créé afin de s’organiser et pouvoir commencer à coordonner le travail, mais le plus important est de se voir et de travailler ensemble, donc des réunions auront lieu pour mettre les choses en place au plus vite.

Que ces négociations aboutissent ou pas, réunissons-nous pour défendre notre culture !

Signé par les motivés :

AQUITAINE : Michaël, Arakneed ; BRETAGNE : Vincent, 716 / Association Arts et Cultures, et Julien, Convoyeurs de Sons, CENTRE : Mathieu, DAT – Résistance Sonore, FRANCHE COMTE : Morgan  Résistance sonore Est ; LANGUEDOC-ROUSSILLON : Rudolf, Suce Mon Beat ; PACA : Adil, Metek Sound System ; NORD : Sebastien,  TUGS, NORMANDIE :  Jérôme, Stup &Tek Family, PARIS IDF : Ivan, MST et Jean-Marc, Insoumis, PAYS DE LOIRE : Julien, CKD et Ronan,  44en Kval, TECHNO+ : Vincent