les associations de santé tekno dénoncent l’ingérence culturelle autour du teknival du 1er mai

Si
les associations de santé communautaire de réduction
des risques liés aux pratiques festives agissant dans le
milieu culturel tekno depuis 1995 soutiennent les
récentes
déclarations
de Médecins du Monde, l’AFR, l’ANIT et
AIDES sur l’importance d’avoir en France une politique de santé
publique pérenne, assumée, innovante et évaluée
de réduction des risques liés à l’usage des
drogues, nous déplorons pourtant qu’une fois de plus un grand
rassemblement festif et culturel de la scène musicale tekno
soit utilisé pour de telles revendications.

D’autre
part, l’Etat, en
médiatisant fortement le Teknival qu’il organise lui-même

en urgence au détriment de celui
prévu depuis longtemps y compris au niveau des aspects
sanitaires par la majorité des acteurs de cette scène
culturelle
, met en danger une partie des participants en
favorisant la rencontre entre un public vulnérable de jeunes
novices parfois mineurs et de dealers peu scrupuleux sans être
en capacité de mettre en place un dispositif adapté de
réduction des risques liés à l’usage des
drogues.

Le
problème numéro 1 du mouvement tekno ne sont ni les
drogues, ni les terrains, ni la loi mais la stigmatisation médiatique
dont il est victime depuis ses débuts dont ces problèmes
sont en réalité des conséquences. La mauvaise
image donnée à l’opinion publique de ces rassemblements
petits ou grands pénalisent quotidiennement ceux qui
l’apprécient et qui y participent au premier rang desquels les
organisateurs amateurs de soirée qui subissent les refus de
terrain, les saisies de matériel, le sur-encadrement policier,
l’inadéquation
de certains dispositifs sanitaires…

Cette
véritable discrimination culturelle, entretenue par l’amalgame
simpliste et récurrent avec les drogues ne favorise pas
l’intégration sereine des modes d’expression de cette culture
dans la société.

Ces
rassemblements festifs ne sont pas des situations à haut
risque qui nécessitent plus que d’autres tout un arsenal de
dispositifs tant sanitaires que sécuritaires. Mais l’image
sulfureuse qui lui est associée provoque systématiquement
un déploiement important des forces de l’ordre tandis que leur
caractère ouvert permet aux intervenants sanitaires
spécialisés comme les nôtres ou ceux de Médecins
du Monde d’expérimenter des services qu’il serait bien plus
difficile de mettre en place ailleurs où ils seraient pourtant
tout aussi utiles. Ces 2 facteurs combinés, régulièrement
mis en avant par les pouvoirs publics et les médias,
contribuent pleinement à alimenter le sentiment négatif
à l’encontre du mouvement tekno.

En
2007, 7 teknivals ont eu lieu :

  • 3,
    largement médiatisés, ont été organisées
    en amont avec les services de l’Etat pour des coûts très
    importants du fait de l’encadrement mis en place et de la venue
    cumulée de 55 000 personnes.

  • 4,
    plus discrets, se sont tenus sans concertation préalable et
    ont attiré de ce fait moins de monde (23 000 personnes
    en tout), ont coûté beaucoup moins cher à la
    collectivité et n’ont pas eu à déplorer de
    manque au niveau des services sanitaires proposés (présence
    de secours, voie d’évacuation, accès à
    l’eau…).

Ce
constat mériterait, dans le cadre de la mission d’enquête
parlementaire actuellement menée par M. Jean-Louis Dumont au
sujet des grands rassemblements tekno, que soit clairement défini
quel doit être l’encadrement sanitaire et sécuritaire de
ces rassemblements musicaux amateurs en fonction de leurs besoins
réels et non pas ceux issus d’un imaginaire médiatique.

Chaque
féria, festival, match de football et autres rencontres
sportives, fête populaire, manifestation… comporte son lot de
prise de risque et malheureusement d’accidents parfois dramatiques
contre lesquels des solutions s’invente régulièrement
sans toutefois mettre en cause l’existence de ces rassemblements
festifs, sportifs ou culturels. Tous ces évènements
parfois très médiatisés et parfaitement ancrés
dans la société, sont autant d’occasions de communiquer
sur la responsabilité des pouvoirs publics quant à la
sécurité de leur participants y compris au niveau de la
consommation de drogues légales ou pas et donc des actions de
réductions des risques qui y sont liés qu’il faudrait y
mettre en place.

Si
de telles occasions ne manquent pas, pourquoi ne sont-elles pas plus
souvent utilisées ? Pourquoi est-on prêt à
sacrifier toujours davantage le mouvement tekno à son insu
pour des causes mêmes louables ?

Nous
souhaitons que cela cesse et pour cela encourageons à la fois
les pouvoirs publics et les opérateurs de réduction des
risques liés à l’usage des drogues à ouvrir les
yeux et à investir, sans abandonner le milieu tekno, d’autres
scènes festives et d’autres contextes notoires de consommation
de drogues puis à le faire savoir tout aussi largement.
L’accès à la Réduction des Risques qui constitue
une avancée de santé publique importante ne doit pas
rester un droit d’exception pour quelques uns mais au contraire être
généralisée.

 

Les
associations spécialisées de réductions des
risque liés aux pratiques festives du milieu tekno et leurs
soutiens
ASUD
Loiret – Autrement – Keep Smiling – Korzéame – Le Tipi

L’Otrasso-
Prev’En Teuf – Techno +

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