L’Amérique latine sur la voie de la dépénalisation des drogues

L’Amrique latine tente par la dpnalisation des drogues…Source : http://www.rue89.com/droguesnews/2008/10/15/lamerique-latine-tentee-par-la-depenalisation-des-drogues [1] [2]Date : 15/10/2008Voilà qui pourrait donner des sueurs froides au prochain locataire de la Maison-Blanche. En quinze jours, ce ne sont pas moins de trois dirigeants latino-amricains qui se sont prononcs pour une forme ou une autre de dpnalisation de la consommation de drogues. Et pas seulement de cannabis.Contre toute attente, c’est le Mexicain Felipe Calderon qui a ouvert le bal le 1er octobre. Lanc, avec le soutien des Etats-Unis, dans une guerre sanglante contre les cartels de la cocaïne, Calderon a propos de dpnaliser l’usage de tous les stupfiants (herbe, cocaïne, hroïne et mthamphtamine). Concrètement, toute personne qui serait trouve en possession de petites quantits de drogues (0,5 g de cocaïne ou 2 g de marijuana) et accepterait un traitement en consquence, ne serait pas inquite par les autorits. En cas de refus, les rcalcitrants se verraient infliger de simples amendes. Certes, on est encore loin de la dose en vente libre en pharmacie, mais considrant d’où l’on vient, le pas est norme. Il est pourtant pass totalement inaperçu. Sa justification est pourtant simple : les bureaux du procureur gnral sont tellement dbords par leur lutte contre les grands cartels qu’ils n’ont plus le temps de s’occuper de simples consommateurs dont le nombre explose. Selon une rcente tude du gouvernement, le pays compterait aujourd’hui 300 000 accros aux diffrentes drogues. Une mesure similaire avait t propose au Congrès mexicain il y a deux ans, mais tait finalement reste lettre morte, entre autre en raison des pressions de Washington.

UNE PORTE DE SORTIE EXPRIMENTE EN COLOMBIE DANS LES ANNES 90

Ce n’est pas la première fois que, face à l’ampleur des violences lies au trafic de stupfiants, un pays se laisse tenter par la dpnalisation de la consommation afin de se concentrer sur les gros poissons. Au milieu des annes 90, la Colombie des cartels de Medellin et Cali avait ainsi dcid de dpnaliser la possession de petites quantits de drogues (1g de cocaïne par exemple). Exprience qui tourna court, là encore en partie face aux pressions de Washington.Mais cette fois, l’initiative semble prendre de l’ampleur. Quelques jours après la dclaration de Calderon, à Mexico toujours, le secrtaire gnral de l’OEA (l’Organisation des Etats amricains), le Chilien Jos Miguel Insulza, a sembl rebondir sur la proposition devant un parterre de ministres amricains en charge de la scurit, dans un langage toutefois plus diplomatique:« Quand une politique (la rpression, ndlr) n’a finalement pas eu de rsultats en vingt-cinq ou trente ans, il faut la rviser, l’ajuster. Je ne sais pas dans quelle direction, mais il faut en trouver une. »Le prsident du Honduras, Manuel Zelaya, est quant à lui all beaucoup plus loin lundi, devant les responsables de la lutte antidrogues de trente-deux pays d’Amrique latine runis à Tegucigalpa :« Les trafics d’armes, de drogues et de personnes (…) sont des flaux internationaux aux trames conomiques très fortes, et nous empêchent de leur apporter les ripostes efficaces dont nous disposerions dans une situation normale de lgalit. »Et d’expliquer ensuite que les consommateurs doivent être considrs « comme des malades »:« Plutôt que de poursuivre et de tuer les trafiquants, nous pourrions alors investir les ressources que nous y consacrons à l’ducation et la formation. »

LA RGION LA PLUS VIOLENTE DU MONDE

Si l’on ajoute à ce panorama que la Bolivie a lu fin 2005 Evo Morales, un Indien ayamara, ancien responsable du syndicat des cocaleros, les planteurs de coca; que les prsidents quatorien et vnzulien s’opposent de plus en plus frontalement à la « guerre totale » à la drogue que Washington entend mener en Amrique latine, il semble bien que le vent est en train de tourner dans le sous-continent.La violence endmique qui y svit, notamment en lien avec le narcotrafic, n’est peut-être pas pour rien dans cette succession de prises de position. L’Amrique latine dtiendrait en effet le record mondial du pourcentage d’homicides : environ 100 000 meurtres par an, soit cinq fois plus en moyenne que sur le reste de la planète.Reste un obstacle juridique de taille sur le chemin de cette dpnalisation : les conventions de l’ONU interdisent toute exprience de ce type. Et un obstacle politique peut-être plus important encore: pas sûr que Washington regarde ses voisins dpnaliser sans rien dire, alors que les Etats-Unis dpensent chaque anne des milliards de dollars pour les « aider » à lutter contre un trafic qui alimente avant tout leur march intrieur. A moins que l’lection d’un candidat qui a goût de la cocaïne ne change la donne à la Maison-Blanche. Source : http://www.come4news.com/lamerique-latine-sur-la-voie-de-la-depenalisation-des-drogues-380884 [3]Date : 16-10-2008La fin de mandat de Georges W. Bush est dcidment bien difficile et, la dernière nouvelle en date ne fera rien pour arranger la situation. Dbut octobre, le Prsident mexicain, Felipe Calderon, a lanc le projet de dpnaliser l’usage de tous les stupfiants (herbe, cocaïne, hroïne, mthamphtamine). Cette initiative a du donner des sueurs froides à la Maison-Blanche mais, le Chef de l’Etat justifie cette position par la volont de se concentrer exclusivement sur la lutte contre les puissants cartels de drogue, qui gangrènent l’Amrique latine. Depuis son arrive au pouvoir, Calderon mène un combat acharn, sans concession ni partage, contre la criminalit galopante, issue des trafics de stupfiants. Pour lui, la justice nationale, suffisamment dborde, ne doit plus gaspiller son temps à s’occuper de simples consommateurs, dont le nombre est en constante augmentation dans le pays. Aujourd’hui, le pays compte près de 300000 accros aux diffrentes drogues, c’est pourquoi les autorits publiques estiment qu’il est prfrable de privilgier des mesures thrapeutiques à leur encontre afin de cesser « la traque inutile des petits consommateurs ». Ce n’est pas la première que le sujet est abord par les pays d’Amrique latine mais, jusqu’à prsent, Washington n’tait guère enclin à la lgalisation des stupfiants. Les choses semblent prendre une tournure diffrente aujourd’hui. Après les dclarations de Felipe Calderon, d’autres pays ont agi de concert. Le Chili, la Bolivie, le Vnzuela, l’Equateur ont tous dnonc la « guerre totale » engage par les Etats-Unis dans ces Etats. « Les trafics d’armes, de drogues et de personnes sont des flaux aux trames conomiques très fortes et, rendent impossible les ripostes dont nous disposerions dans une situation normale de lgalit » , affirme le Prsident du Honduras, Manuel Zelaya, devant les hauts responsables de lutte antidrogues des pays d’Amrique latine. Si les intentions de ces diffrents Etats se font plus pressantes, c’est essentiellement parce-que l’Amrique latine dtient un triste record mondial : avec 100000 meurtres par an, la moyenne est cinq fois plus leve que sur le reste de la planète. Nanmoins, la procdure de dpnalisation des drogues dures ou douces n’en est pour l’instant qu’à son stade embryonnaire car les obstacles risquent d’être nombreux. Les plus durs à franchir seront sans conteste l’interdiction, pose par la convention de l’ONU, de toute exprience tendant à la lgalisation des stupfiants et, la raction des Etats-Unis, qui chaque anne dpense sans compter dans la guerre anti-drogue.

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[1] http://www.rue89.com/droguesnews/2008/10/15/lamerique-latine-tentee-par-la-depenalisation-des-drogues
[2] http://www.rue89.com/droguesnews/2008/10/15/lamerique-latine-tentee-par-la-depenalisation-des-drogues
[3] http://www.come4news.com/lamerique-latine-sur-la-voie-de-la-depenalisation-des-drogues-380884

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