Les patrons de cafés face à leurs responsabilités pénales

Une formation sur les drogues pour les patrons de bars et de discothèques…

Source : Actualité Valenciennes – La Voix du Nord

Date : jeudi 28 février 2008

La formation aborde les différentes drogues, la législation en vigueur, etc.

Depuis décembre, les patrons de bars d’ambiance, de cafés, de restaurants ou dediscothèques sont obligés de suivre une formation de trois jours avant de reprendre un établissement. Ils découvrent leurs obligations et les textes de loi qui régissent leur profession. Hier, au Grand Hôtel de Valenciennes, ils ont appris à différencier les drogues, dont celle du violeur, et à repérer les comportements étranges afin de préserver leur clientèle et se mettre à l’abri d’une fermeture administrative ou d’un procès.

L’ambiance est détendue. Dans le salon Jonas du Grand Hôtel, une vingtaine de restaurateurs et cafetiers finissent leur deuxième journée de stage beaucoup plus sereinement qu’ils ne l’avaient commencée. Yves Bougeard, leur formateur, a rôdé ses blagues et ses anecdotes pour que la formation ne rappelle pas les « colles » du collège. Surtout, ils reconnaissent que l’obligation (lire ci-contre) pourra leur être utile. Ceux qui s’étaient avancés en traînant des pieds sont aujourd’hui les mêmes qui posent des questions, comparent leurs expériences. C’est parfois les yeux écarquillés qu’ils découvrent les techniques employées pour se droguer.

« Saloperie ! » Quand sur l’écran apparaît un flacon de GHB, dite la « drogue du violeur », l’un d’eux ne peut s’empêcher de réagir à haute voix. Tout le monde acquiesce et condamne ces hommes qui versent cet anesthésique dans les boissons des clients pour qu’ils n’opposent pas de résistances et soient victimes d’amnésie temporaire. « En quelques heures, le produit n’est plus présent dans le sang. Viols, vols… On ne peut plus rien prouver, explique le formateur. C’est donc à vous d’être vigilants, de garder les verres à l’oeil quand le client s’absente pour aller aux toilettes. C’est à vous, aussi, d’intervenir si deux personnes proposent d’emmener ce client quand il commence à être sous l’emprise du GHB. » Il liste, aussi, les effets des différents narcotiques tels que le cannabis, la cocaïne, l’héroïne, le LSD… Les yeux rouges, la voix hésitante ne suffit pas. Il faut l’habitude pour repérer celui qui enfreint la loi et qui peut faire sombrer un café.

Yves Bougeard détaille les signes qui ne trompent pas : une consommation d’eau exagérée (« car les amphétamines font augmenter la température du corps et le déshydrate »), le port de lunettes noires en pleine nuit (« les pupilles sont tellement dilatées qu’ils ne supportent les flashs de stroboscopes. Vous prenez une petite lampe. Même à travers les verres teintés, ils feront un recul de deux mètres. »). Il donne aussi quelques astuces comme d’asperger les plans des lavabos avec un spray contre la rouille (« le rail de coke fout tout de suite le camp ») ou l’usage de ventilateurs savamment disposés. Enfin, il prend le temps de leur expliquer les gestes à faire en cas de coma (donner des claques au client pour le maintenir éveillé, lui parler, aérer la pièce) car les patrons de bars peuvent être poursuivis pour non-assistance à personne en danger.

Laisser un commentaire