La RdR toujours autant dénigrée

L’histoire de la Réduction des Risques
liés à l’usage des drogues est une succession de combats d’idées et
d’actions militantes menées à différents niveau par des professionnels
de santé, des élus, des associations mais par dessus tout par des
usagers de drogues et leur entourage. Le principe qui veut que les
bénéficiaires des actions de santé publique participent à leur
élaboration marque un changement important du statut de l’usager de
drogue(s) : de criminel, il devient un usager du système de santé et en
ce sens on lui reconnaît une expertise sur sa propre santé.

Ce
combat pour un tel changement s’est toujours heurté à la vision moraliste
du drogué, celui qui prend de LA Drogue, fortement marginalisée et stérotypée par l’opinion publique. Pour
amener ce changement au sein de la population dans son ensemble, les
militants de la première heure de la Réduction des Risques liés à
l’usage de drogues, ont trouvé un soutien courageux et efficace de la
part de Mission Interministérielle de Lutte contre la Drogue et la
Toxicomanie (MILDT) dès sa création en 1999. En effet, ce service qui dépend directement du
premier ministre a décidé en 1999 d’inclure l’alcool et le tabac dans
ses campagnes d’information sur les drogues. En mettant, ainsi sur un
même plan des substances licites et illicites, leur modes de
consommation et leurs risques pour la santé, la MILDT a permis de
rapprocher dans l’opinion publique le statut des usagers de ces
substances et donc de modifier le regard des uns sur les autres.
Autrement dit les problèmes d’une personne dépendante à l’alcool et
ceux d’une personne dépendante à la cocaïne ne sont pas si éloignés et
de ce fait la différenciation "malade" d’un coté et "criminel" de
l’autre s’estompe.

Après ces années
de militance et d’expérimentation de cette nouvelle politique publique
de santé, une loi est venue en août 2004 enterrinée ce nouveaux
paradigme dans lequel les consommateurs de drogues sont reconnus comme
acteurs et bénéficiaire du système de santé. C’est dans ce contexte,
légal à présent, que Techno+ agit.

Malgrè
cela et les bons résultats de cette politique, une poignée d’opposants
ne cessent de remettre en cause ces acquis. En janvier dernier, un
groupe de députés majoritairement de droite, à signé un texte mettent
en cause la politique menée en ce sens par la MILDT et notamment les
actions des associations les plus représentatives de son application :
l’Auto-Support des Usagers de Drogues (ASUD) et Techno+ !

Lors de notre procès
concernant nos flyers de prévention des risques, les 2 représentants
successifs de la MILDT, Mme Maestracci et M. Jayle, nous ont apporté
leur total soutien. Aujourd’hui, et bien que nous ne soyons pas
subventionnés par la MILDT, c’est à Techno+, de soutenir cette
institution dans l’attaque dont elle fait l’objet.

 {mospagebreak titre=la lettre des députés}

La lettre qui suit a été envoyée au premier ministre, Dominique de Villepin puis a été reprise dans la presse :

 

Paris, le 25 janvier 2006



Monsieur le Premier ministre,



Au cours de ces quinze dernières
années, les Français ont assisté avec angoisse à la progression de la
consommation de drogue chez les adolescents, fléau qui menace au
quotidien l’avenir de leurs enfants. Avec consternation, les parents
ont découvert que la France détient le triste record d’être le premier
pays européen en matière de consommation de drogues par les jeunes.
Avec courage, ces parents que nous rencontrons tous les jours ne
cessent de nous rappeler leur opposition à toute politique de
banalisation de la drogue.




Or les Français constatent que les
pouvoirs publics, particulièrement la mission ministérielle en charge
de la lutte contre la toxicomanie, mènent une politique de gestion de
la toxicomanie, au prétexte de la réduction des risques.




Déjà en octobre 2001, le sénateur
Roland du Luart, alors rapporteur de la commission sénatoriale sur la
politique de la Mildt, dénonçait les dérives de celle-ci, dans son
rapport intitulé "Que fait la Mildt de son argent ?".


Roland du Luart critiquait sévèrement
la politique de banalisation de la consommation de drogues. Il
s’interrogeait également sur les alliances que la Mildt développait
avec les associations revendiquant la légalisation des drogues, telles
ASUD et Technoplus, ou bien le maintien dans une toxicomanie supposée
"plus propre", telle SOS Drogue International.




L’Inspection générale des Affaires
sanitaires et sociales relevait également "une opacité, un manque de
transparence dans la gestion" de cette dernière association,
s’interrogeant sur "ses méthodes et motivations".




Toutefois, les mises en garde du Sénat et de l’IGASS ont été ignorées.

Nommé en septembre 2001, le nouveau
président de la Mildt a poursuivi la politique de son prédécesseur. Les
stratégies de banalisation des drogues et d’apprentissage à se droguer
"proprement" étant mises en ?uvre, le président de la Mildt a franchi
une nouvelle étape.


Dans le rapport confidentiel qu’il
remettait à M. Jean-Pierre Raffarin alors Premier ministre, le 17 mars
2003, il recommandait la création de salles de distribution d’héroïne
au nom, une fois encore, du dogme de la "réduction" des risques. La
mobilisation de l’association Parents contre la Drogue (ex : France
Sans Drogue) devait suspendre ce processus.




Le président de la Mildt n’en
réitérait pas moins sa demande lors de la conférence organisée le 26
novembre 2004 par l’association SOS-Drogue international, ainsi que
lors des réunions des responsables européens de la lutte contre la
drogue, à la consternation de ces derniers.




Pire encore, des associations
financées par le ministère de la Santé et la Mildt distribuent des kits
pour se "droguer propre" ainsi que de flyers détaillant les différentes
étapes pour consommer "proprement" l’héroïne et la cocaïne à des
adolescents non toxicomanes dans des lieux festifs et des
établissements scolaires !




Aussi, en tant qu’élus du peuple et
en tant que responsables associatifs, nous partageons la profonde
indignation de nos concitoyens ainsi que leur détermination à ne pas
laisser l’avenir de leurs enfants se désagréger du fait d’une simple
politique de gestion de la toxicomanie. Les drogues sont dangereuses
pour notre jeunesse, pour les familles, pour notre société qu’elles
fragilisent, blessent et fracturent.




Parce que les décisions d’aujourd’hui
forgent le visage de la France de demain, il est de notre devoir d’agir
pour que la volonté et le bon sens de nos concitoyens prévalent sur
toute considération partisane.




Nous condamnons cette dérive de la
politique de la prévention des risques et nous demandons la création
d’une commission d’enquête parlementaire procédant à une enquête sur
l’utilisation des fonds de la Mildt et les subventions allouées à des
associations présentant sous un jour favorable les drogues.




De plus, partageant avec le président
de la République la volonté de protéger la jeunesse de notre pays des
ravages de la drogue, nous sollicitons du chef de l’État qu’il déclare
l’année 2006 l’année de la lutte contre la toxicomanie.




Nous souhaiterions également qu’il
soit répondu aux nombreuses questions qui ont été posées lors du débat
sans vote qui s’est tenu sur ce sujet à l’Assemblée nationale le 14
avril dernier.


Ainsi, il avait été évoqué :



– Le renforcement de la prévention
dans les établissements scolaires : la loi du 9 août 2004 rend
obligatoire une séance annuelle sur ces sujets dans les collèges et
lycées. L’expérimentation s’est déroulée dans plusieurs académies. Ce
dispositif sera-t-il généralisé ?




– Par la Loi Gayssot de 1999, l’OFDT
et l’INSERM avaient été saisies d’une étude : Quand peut on enfin
espérer connaître les conclusions ?




– L’article 12 de la loi du 9 août
2004 relative à la politique de santé publique prévoit que les actions
de réduction des risques sont conduites selon les orientations définies
par un document national de référence approuvé par décret. Quel est-il ?




– Il avait été annoncé le
développement de communautés thérapeutiques, structures sans
substitution, à l’image de celles qui existent dans plusieurs pays
européens. Il s’agit de structures sans drogues, ni médicaments de
substitution. Il avait été annoncé que trois d’entre elles seraient
créées d’ici à la fin de l’année 2005 grâce au financement de la Mildt.
Est-ce le cas ?




– La Mildt et les ministères
régaliens devaient également mettre en ?uvre des actions de
communication pour rappeler le caractère illicite des stupéfiants.
Sont-elles en place ?




– Concernant les subventions, l’État
doit exercer un contrôle à la fois sur l’utilisation des fonds qu’il
alloue et sur la politique qui est effectivement menée sur le terrain.
Il ne peut déléguer certaines de ses prérogatives à des associations
que si l’action qu’elles exercent est conforme à la politique pénale.
Ce principe de base est-il vraiment vérifié ?




– Le secrétaire d’État à la Santé
avait annoncé que la direction générale de la Santé avait commencé en
2004 à faire réaliser par un cabinet spécialisé un audit de la Mildt et
des associations qu’elle a subventionnées. Ces audits devaient être
poursuivis dans le cadre d’un programme triennal. Qu’en est-il ?






Nous savons, Monsieur le Premier
ministre que vous êtes très vigilant sur ces questions de toxicomanie.
Nous vous remercions très sincèrement pour l’attention que vous
porterez à ce courrier cosigné à ce jour par 85 députés dont la liste
est jointe.




Nous vous prions de croire, Monsieur le Premier ministre, à l’expression de notre haute considération.

Jean-Paul GARRAUD
Député de la Gironde
Serge LEBIGOT
Président de l’association des
parents contre la drogue
Bernard DEBRE
Député de Paris
Claude GOASGUEN
Député de Paris
Jérôme RIVIERE
Député des Alpes-Maritimes
Lionel LUCA
Député des Alpes-Maritimes
Dominique RICHARD
Député du Maine et Loire
Christine BOUTIN
Député des Yvelines
Françoise BRANGET
Député du Doubs


LES DEPUTES SIGNATAIRES

M. Jean-Claude Abrioux, UMP Seine-Saint-Denis M. Alfred Almont, UMP
Martinique M. Jean Auclair, UMP Creuse M. Patrick Beaudouin, UMP
Val-de-Marne M. Jacques-Alain Bénisti, UMP Val-de-Marne Mme Brigitte
Barèges, UMP Tarn-et-Garonne M. Marc Bernier, UMP Mayenne M.
Jean-Michel Bertrand, UMP Ain Mme Véronique Besse NI Vendée M. Bruno
Bourg-Broc, UMP Marne Mme Chantal Bourragué, UMP Gironde Mme Josiane
Boyce, UMP Morbihan M. Gabriel Biancheri, UMP Drôme M. Étienne Blanc,
UMP Ain M. Marcel Bonnot, UMP Doubs M. Ghislain Bray, UMP
Seine-et-Marne M. Christian Cabal, UMP Loire M. Dominique Caillaud, UMP
Vendée M. Bernard Carayon, UMP Tarn M. Roland Chassain, UMP
Bouches-du-Rhône M. Gérard Cherpion, UMP Vosges M. Charles Cova, UMP
Seine-et-Marne M. Dino Cinieri, UMP Loire M. Louis Cosyns, UMP Cher M.
Jean-Pierre Decool App.UMP Nord M. Bernard Depierre, UMP Côte-d’Or M.
Jean-Jacques Descamps, UMP Indre-et-Loire M. Jean Diébold, UMP
Haute-Garonne M. Michel Diefenbacher, UMP Lot-et-Garonne M. Dominique
Dord, UMP Savoie M. Philippe Dubourg, UMP Gironde M. Jean-Michel
Ferrand, UMP Vaucluse M. André Flajolet, UMP Pas-de-Calais M. René
Galy-Dejean, UMP Paris M. François-Michel Gonnot, UMP Oise M. Marc
Francina, UMP Haute-Savoie Mme Arlette Franco, UMP Pyrénées-Orientales
M. Franck Gilard, UMP Eure M. Maurice Giro, UMP Vaucluse Mme Arlette
Grosskost, UMP Haut-Rhin M. Jean-Jacques Guillet, UMP Hauts-de-Seine M.
Olivier Jardé UDF Somme Mme Maryse Joissains-Masini, UMP
Bouches-du-Rhône M. Patrick Labaune, UMP Drôme M. Marc Le Fur, UMP
Côtes-d’Armor M. Édouard Landrain, UMP Loire-Atlantique Mme Geneviève
Levy, UMP Var M. Daniel Mach, UMP Pyrénées-Orientales M. Richard
Mallié, UMP Bouches-du-Rhône M. Alain Marleix, UMP Cantal M. Thierry
Mariani, UMP Vaucluse M. Bernard Mazouaud, UMP Dordogne M. Christian
Ménard, UMP Finistère M. Alain Merly, UMP Lot-et-Garonne M. Pierre
Micaux, UMP Aube Mme Nadine Morano, UMP Meurthe-et-Moselle M. Pierre
Morel-A-L’Huissier, UMP Lozère M. Étienne Mourrut, UMP Gard M. Jacques
Myard, UMP Yvelines M. Jean-Marc Nesme, UMP Saône-et-Loire Mme
Bernadette Païx, UMP Haute-Garonne M. Daniel Prévost, UMP
Ille-et-Vilaine M. Didier Quentin, UMP Charente-Maritime M. Michel
Raison, UMP Haute-Saône M. Frédéric Reiss, UMP Bas-Rhin M. Jacques
Remiller, UMP Isère M. Philippe Rouault, UMP Ille-et-Vilaine M.
Jean-Marc Roubaud, UMP Gard M. Joël Sarlot NI Vendée M. Daniel Spagnou,
UMP Alpes-de-Haute-Provence Mme Hélène Tanguy, UMP Finistère M. Guy
Teissier, UMP Bouches-du-Rhône M. Michel Terrot, UMP Rhône Mme Irène
Tharin, UMP Doubs M. Léon Vachet, UMP Bouches-du-Rhône M. Gérard Weber,
UMP Ardèche M. Michel Zumkeller, UMP Territoire-de-Belfor


{mospagebreak titre=Réponse
de Spiritek (Région Nord)}

Réponse
de Spiritek (Région Nord)

 

Lille
le 31 janvier 2006,

Réponse
éclairée aux attaques politiciennes parlementaires
obscures,

Madame,
Monsieur,

L’association
SPIRITEK, vient de prendre connaissance d’une dépêche
de l’AFP et du Figaro du samedi 28 janvier. A l’initiative du
député UMP Jean Paul GARRAUD, 78 députés
de la majorité ont demandé la création d’une
commission d’enquête parlementaire sur la MILDT (Mission
Interministérielle de Lutte contre le Drogue et la
Toxicomanie) et sur certaines associations de lutte contre la drogue
et la toxicomanie. L’AFP indique que dans dans une lettre adressée
au Premier-ministre ces députés, parmi lesquels
figurent Bernard Debré, Jean Claude Goasguen et Christine
Boutin, demandent par ailleurs que l’année 2006 soit déclarée
« /année de lutte contre la toxicomanie/ ».* Jean
Pierre Garraud, auteur de la lettre cosignée par ses
collègues, qui déclare que «/ les pouvoirs
publics, particulièrement la MILDT (…) mènent une
politique de gestion de la toxicomanie au prétexte de la
réduction du risque/ », accuse les responsables de la
Mission de «/mettre en oeuvre/ » des «/ stratégies
de banalisation des drogues et d’apprentissage à se droguer
proprement/ ». Et le parlementaire de poursuivre « /Pire
encore, les associations financées par le ministère de
la santé et la MILDT distribuent des kits pour se droguer
propre ainsi que des flyers détaillant les différentes
étapes pour consommer proprement l’héroïne et la
cocaïne à des adolescents non toxicomanes dans des lieux
festifs et des établissements scolaires /». Les
signataires du textes disent condamner « /cette dérive
politique de prévention des risques et demand(er) la création
d’une commission d’enquête parlementaire(…) sur l’utilisation
des fonds de la MILDT et sur les subventions allouées à
des associations présentant sous un jour favorable les
drogues/ ».

Pour
rappel la Réduction Des Risques (ou RDR) a été
constituée à partir d’une démarche de
citoyenneté à la Santé. Elle a trouvé
l’expression de son fondement pragmatique en France en particulier
autour du milieu des années 80 avec l’impérative
nécessité de lutter contre les ravages du sida chez les
usagers de drogues par voies intraveineuses en particulier. Pour
mémoire, notre pays a du attendre en spectateur passif plus de
30 % de contaminés chez cette population et finir par
constater une hécatombe, pour que Simone VEIL, prenne les
rennes d’une action qui relevait de l’urgence sanitaire et
sociale dans un pays qui se voulait et se revendiquait développé.
Elle a alors permis la distribution de matériels d’injections
stériles auprès d’une population qui a fait depuis la
preuve de sa capacité à intégrer des actions de
réductions des dommages au sein même des pratiques à
risques. Ces programmes posaient alors les fondements de la réduction
des risques infectieuses, certes détachés des questions
ou de toutes autres réflexions autour de l’abstinence et/ou
des moyens d’y parvenir, sans les nier ni les éviter pour
autant. La vie était devenue plus précieuse que les
questions et jugements posés par certains autour de la façon
de vivre. Depuis de nouveaux phénomènes de
consommations sont apparues appelant d’autres outils de réduction
des risques infectieux (kits stériles pour usagers de drogues
par voies nasales qui présentent les risques de transmissions
d’hépatites en particuliers par utilisation collectives d’un
matériels infectés…) et amenant un élargissement
du concept autour de l’ensemble des actions de préservation
de la santé des population exposées et ou à
risques.

C’est
dire qu’en 2006, la Réduction des risques s’est affinée
et affirmée et relève d’une véritable
stratégie de Santé. Il s’agit d’une démarche
de promotion de la santé individuelle basée sur la
responsabilisation de la personne. Elle vise à donner au
consommateur de drogue(s), licites ou illicites, l’informations et
ou les moyens nécessaires pour réduire les risques. Il
s’agit d’un élément constitutif d’une démarche
de santé publique dans la mesure ou elle vise à éviter
que ne se propagent des maladies telles que le Sida ou les Hépatites,
ou encore qu’un problème de santé, par exemple les
overdoses, ne frappe un groupe important de la population. Elle
participe à la mise en éveil de groupes à hauts
risques et favorise l’intégration de messages de protection
auprès de populations qui au contact de ses pratiques
capitalisent un savoir renforçant les facteurs de protection.
On ne prévient pas en effet l’abstinence, mais bien, le
risque et ou le dommage. Plus une population visualise, s’imagine
la possibilité du danger et ou du risque, plus elle tend à
l’éviter. D’aucuns professionnels parlent de la réduction
des risques comme une véritable prévention des
dommages.

En
conclusion, la prévention, le traitement et la réduction
des risques concurrent ensemble à la promotion de la santé
de la population en général et des usagers de drogues
en particulier. Une action Politique qui considérerait cette
dernière population à la marge, ne serait donc pas une
Politique de santé crédible.

Dans
l’expression de son affirmation en tant que démarche de
promotion de santé, elle acte donc :

  • Qu’une
    société sans drogues n’existe pas (elle ne valide
    pas pour autant un quelconque renoncement, ou n’invite pas au
    laxisme en terme de traitement social)

  • Elle
    insiste sur le fait que le risque zéro n’existe pas, elle
    permet donc la mise en garde et participe à l’éveil
    permanant du consommateur, loin de l’idée d’une politique
    laxiste)

  • Elle
    insiste sur la relativité de la notion même de risques
    qu’il faut pouvoir approcher,

  • Elle
    défend l’idée que l’information objective ne
    constitue pas l’incitation. Elle s’appuie sur la diffusion d’une
    information claire et crédible, objective et accessible sur
    les risques associés aux usages de Drogues. Comprendre
    l’utilité du port de la ceinture de Sécurité
    au volant n’engage pas pour tous une augmentation de la prise de
    risques liée à la conduite…

C’est
ici comprendre la finalité de la réduction des risques.

La
RDR, s’organise autour des valeurs :

  • De
    reconnaissance de l’usagers de drogues comme une personne à
    part entière, personne capable,

  • De
    non jugement de la consommation (cette forme de compréhension
    est à saine distance de toute forme de validation)

  • De
    reconnaissance des finalités propres à ses actions, et
    des ses limites,

  • D’affirmer
    le droit à la Santé de l’usager.

La
RDR développe ses actions autour de principes
d’interventions :

  • De
    non banalisation des usages,

  • De
    donner aux usagers les moyens et ou les attitudes pour réduire
    au mieux les risques,

  • D’encourager
    les prises de responsabilités le renforcement de l’estime
    de soit et de l’autre,

  • D’aller
    à la rencontre de l’usager dans son milieu de vie.

  • De
    développer une réflexion et une évaluation
    constante de ses activités en raison de la dimension
    expérimentale du champ et des questions éthiques que
    soulèvent ses actions.

Sur
le plan légal, la Réduction des risques fait toujours
débats et gorges chaudes de mauvais chanteurs… Elle devrait
à ce jour dans le cadre spécifique de son volet de
réduction des risques infectieux trouver les bases nouvelles
d’une action fondée dans la durée, réalisées
depuis des acteurs professionnels identifiés. Elle bénéficie
depuis la loi de Santé Publique votée en 2004, et la
loi cadre des actions de réductions des risques organisées
autour de nouvelles structures agrées par l’Etat (les
CAARUD), d’un cadre législatif qui aura échappé
aux 78 députés signataires de notre Assemblée.

L’association
SPIRITEK souligne les dangers de la stigmatisation des moyens et ou
des acteurs de Santé qui concourent à une politique de
préservation de la santé inscrite en cohérence
avec d’autres acteurs du champ de la lutte contre les usages de
drogues et la toxicomanie…

Nous
faisons ici appel à vous, et souhaitons une mobilisation
rapide et éclairante de votre part quand à la
nécessaire défense d’une action qui aura fait la
preuve de son intérêt tant du point de vue de la
préservation de la santé des citoyens Français
que son intérêt et sa portée éducative.
La Réduction des risques n’est pas une réponse
suffisante à une Politique délirante qui voudrait
éradiquer un phénomène parfois problématique
propre à l’humain, mais bien l’expression d’une société
qui cherche à progresser et qui tend à ne pas
s’interdire les moyens de faire progresser celui qui ne doit pas
être considéré comme différent.

Vous
voudrez bien recevoir, Madame, Monsieur, l’expression de nos plus
respectueuses salutations.

Pour
le Président,
M.
Tonino MACQUET,
et
l’ensemble de ses membres,

Le
Directeur, Ugo D’ALESSANDRO



{mospagebreak titre=Réaction de la Mairie de Paris}

Paris,
le 1er février 2006

COMMUNIQUÉ
DE PRESSE

d’Alain
Lhostis, adjoint chargé de la santé et des relations
avec l’AP-HP

Prévention
des toxicomanies :


mise en cause de la
politique de réduction des risques

Un
groupe de députés de droite parmi lesquels figurent
deux députés parisiens Claude Goasguen et Bernard Debré
viennent de demander la constitution d’une commission d’enquête
parlementaire sur la Mission interministérielle de lutte
contre la drogue et les toxicomanies (MILDT) et sur certaines
associations de lutte contre le drogue.

En
ligne de mire de ces députés : la politique de
réduction des risques qu’ils accusent d’être « une
politique de gestion de la toxicomanie » et les
associations qui présenteraient les drogues « sous
un jour favorable ».

Cette
croisade contre la politique mise en place depuis vingt ans dans
notre pays, fait fi des résultats remarquables de cette
politique : chute des décès par overdoses (divisés
par 5 entre 1994 et 2002), diminution spectaculaire des
contaminations VIH/sida chez les usagers de drogue par voie
intraveineuse ( 2% des infections), meilleure qualité de vie
et réinsertion réussie pour les personnes bénéficiant
de la substitution.

Voilà
le bilan de vingt ans de politique de réduction des risques
sanitaires et sociaux.

Cette
politique n’a jamais été synonyme de banalisation des
drogues et de leur consommation. Affirmer le contraire c’est
intenter un mauvais procès. Le procédé n’est
pas nouveau : déjà au moment où Michèle
Barzach, ministre de la Santé décidait de la vente
libre des seringues pour stopper la contamination au VIH chez les
usagers, les voix n’ont pas manqué de s’élever pour
voir dans cette décision un encouragement à se droguer.
Au moment où Simone Veil, ministre de la santé,
décidait des programmes de substitution, il fut aussi question
de « dealers en blouses blanches ».

Lutter
contre les drogues et les toxicomanies, c’est tout à la
fois, réprimer les trafics, prévenir les usages,
réduire les risques sanitaires et sociaux et prendre en charge
les usagers.

Pour
sa part, la municipalité parisienne s’inscrit dans cette
démarche.

C’est
d’ailleurs dans cet esprit qu’elle travaille de concert avec les
services déconcentrés de l’Etat, de la MILDT et des
départements voisins à la mise en place du plan crack
pour le nord est parisien. C’est aussi cette démarche qui
l’anime dans le travail de réflexion sur les actions de
sensibilisation à mener auprès des jeunes, au regard
des résultats de l’enquête ESCAPAD sur les usages
largement répandus des consommations de tabac, d’alcool, de
cannabis, voire les poppers et autres produits psychoactifs qui
touchent un jeune parisien sur deux à 17ans.

Contact
presse

Jérôme
Girard : 01 42 76 49 61

{mospagebreak titre=Réponse de Jean-Marc Priez}

Réponse
de Jean-Marc Priez

 

Paris,
le 2 février.

Lettre
ouverte à 78 députés

Mesdames,
messieurs,

Cela
fait maintenant plus de 3 ans que par tous les moyens vous essayez de
faire le procès de la politique de réduction des
risques, mise en place je vous le rappelle par Madame Barzach et
Madame Veil, en vous attaquant à certaines associations, dont
Asud et Techno Plus. Audit financièr, commission
parlementaire, tribunal, tout est bon, votre seul souhait est de nous
voir trainer en place de grève, tondu par la vindicte
populaire…. Durant mon procès en tant que président
de l’association Techno Plus qui a duré plus de 2 ans, j’ai
souvent senti votre haleine de hyène hystérique tant
vous vouliez ma condamnation. Malgré tous vos efforts, j’ai
gagné tous les procès, vous en étiez furieux…

Mais
permettez moi quand même de vous rafraichir la mémoire
car si vous vous parez de l’habit de gardien des bonnes m?urs et
de la santé de la jeunesse, êtes vous prêts pour
autant à revêtir la parure des assassins ?

C’est
en 1987 que Michèle Barzach a courageusement, déjà
à l’époque en se battant contre des gens comme vous,
décidé d’autoriser la distribution de seringues
stériles, afin de ralentir la propagation de l’épidémie
de sida.

A
l’époque, à cause de sa politique extrêmement
dure envers les toxicomanes, la France s’est retrouvée face
à une hécatombe épouvantable dans cette
population, alors que dans les autres pays européens, et
notamment les pays anglo-saxons, la politique avait su protéger
leurs toxicomanes. Aujourd’hui, quand on voit les résultats
de la politique des réduction des risques mise en place en
France, alors on ne peut s’empêcher de penser au passé.
Chaque personne qui en France a perdu un fils, une fille, un frère,
une s?ur, un mari, une femme, dans les années 80, à
cause de la drogue, doit savoir que si la France avait adoptée
une meilleure politique envers la drogue, il y a 80% de chance à
ce que leur proche soit encore vivant aujourd’hui. En politique il
ne suffit pas de dire et faire n’importe quoi, il faut aussi
assumer ses dires et ces actes . C’est bien une des morales du
désolant spectacle auquel nous sommes conviés en ce
moment avec la commission d’enquête sur les innocents
d’Outreau (et non les « acquittés »)
où les députés semblent ignorer superbement que
ce sont eux qui ont fait les plans de la machine à broyer
judiciaire…

L’autre
jour j’entendais Madame Boutin, signataire parmi d’autres,
justifier sa position sur le téléchargement gratuit par
le fait que pour elle quand 30% de la jeunesse avait une pratique on
ne pouvait pas en faire une pratique de délinquance… Bien,
cela peut s’entendre mais, avec plus de 45% de jeunes qui disent
avoir déjà fumé du cannabis, peut elle nous
faire la même démonstration ?

La
politique de réduction des risques a quoi qu’on en pense,
sauvé des centaines, des milliers de vie en France depuis plus
de 15ans, vouloir la remettre en cause, vouloir trainer ses acteurs
en justice, c’est assumer l’augmentation de la mortalité
chez les toxicomanes et je vous rend comptable de cette mortalité.
Je sais que certains parmi vous êtes prêts à
assumer celle-ci, tout autant que je sais que les mêmes
feraient tout leur possible si leurs propres enfants étaient
dans cette situation.

Bien
à vous

Jean
Marc Priez


 {mospagebreak titre=Réponse commune de sympatisants}

Réponse
d’un collectif de sympatisants

le
3 février.

Le
samedi 28 janvier, 78 députés de la majorité ont
demandé la création d’une commission d’enquête
parlementaire sur la MILDT et certaines associations de lutte contre
les toxicomanies.

Des
membres de différentes associations d’information, prévention
et réduction des risques, après concertation ont décidé
de s’associer dans un refus commun de cette proposition.

Développer
l’information, la prévention et la veille dans le domaine
des toxicomanies est une nécessité qui ne peut plus
être contestée au regard des résultats obtenus
partout en Europe.

La
politique de réduction les risques a démontré
qu’elle était indispensable, car elle permet de maîtriser,
avec de modestes moyens, les dérives dues aux usages
incontrôlés et à l’absence de suivi dans la
prise en charge des usagers.

Si
le nombre d’overdoses est aussi infime, c’est uniquement grâce
à la réduction des risques

Il
est donc important d’arrêter une fois pour toute cette
politique du scandale développée par certains de nos
élus, visant à remettre en question jusqu’au
bien-fondé de la MILDT et de son action en se substituant aux
professionnels de santé.

Que
l’année 2006 soit celle de la lutte contre les addictions
est en soi positif, mais ce sujet épineux demande davantage de
réserves et de concertations.

Afin
que les acquis en matière de veille sanitaire, d’information
et de dialogue ne soient pas réduits à néant,
nous souhaitons affirmer la force et la nécessité de
notre engagement dans un objectif commun à l’ensemble des
associations et des structures impliquées.

L’objectif
de tous est clair : la baisse des usages problématiques
et abusifs.

Sur
ce point, chaque jour des victoires sont remportées par ces
mêmes associations.

Nous
souhaitons que la politique de réduction des risques mise en
oeuvre par la MILDT soit reconnue pour sa pertinence et nous
attendons de l’Etat Français qu’il continue à
respecter et encourager les initiatives en matière de
réduction des risques.

{mospagebreak titre=Réaction de l’ANIT}

Communiqué
de presse de l’ANIT

Réduire
les risques n’est pas augmenter l’usage

A
propos d’une commission d’enquête parlementaire

Communiqué
de presse de l’ANIT – Jean-Pierre COUTERON, Président de
l’ANIT – 7 fev 2006

78
députés demandent l’ouverture d’une commission
d’enquête parlementaire visant l’utilisation des budgets de la
MILDT. L’argument central de cette interpellation est le financement
par la MILDT d’associations qui par leur orientation en faveur de la
Réduction Des Risques, favoriseraient l’usage de drogues.

S’il
n’est nullement question de contester le rôle des
parlementaires dans le contrôle de l’utilisation des fonds
publics, leur remise en cause des politiques de soin repose sur une
dangereuse confusion. Car il y a bien confusion à ne pas
distinguer ce qui relève de la réduction des risques,
ce qui relève de la prévention et ce qui relève
du soin.

Les
acquis de la réduction des risques sont certains, diminution
des overdoses, réponse adaptée tant à l’épidémie
de SIDA qu’à celle du VHC, contact plus précoce avec
les plus exclus des usagers et donc diminution de la criminalité.
S’il nous paraît difficile de l’attribuer à tel ou tel
versant des actions de la RDR, c’est bien à cette politique
dans son ensemble que ces progrès sont dus. Elle ne saurait
donc raisonnablement être remise en cause, et notamment en
menaçant des associations qui se sont historiquement
mobilisées pour en défendre les apports.

Il
est nécessaire que la société envoie des
messages pour prévenir la consommation de substance. Mais
lorsque ces consommations existent, il est tout aussi nécessaire
d’éviter qu’elles aient les conséquences les plus
dramatiques. C’est cela qui rend non seulement légitime mais
indispensable sur le plan de la santé publique que l’on
délivre des seringues gratuitement. Ce qui garantit que ces
messages ne sont pas incitatifs à la consommation, c’est leur
inscription dans une politique de santé et c’est précisément
pourquoi les pouvoirs publics doivent soutenir, encadrer et suivre
ces actions. C’est ce principe que les députés avaient
adopté lors d’un précédent débat.

Pour
autant, ce débat peut se poursuivre si nous voulons éviter
un rejet de ces politiques, lié à l’incompréhension
d’une partie de la population. Chacun peut réfléchir à
des adaptations, des évolutions pour mieux en établir
les bases et en limiter les éventuels dérapages. C’est
donc par une politique globale d’accès aux traitements de
substitution, inscrite dans une pluralité de réponses
que cet objectif sera le mieux atteint. La place de l’abstinence, le
rôle possible des communautés thérapeutique
qu’évoquent au détour d’une phrase nos députés
demandent le même effort de définition pour qu’elles
puissent prendre place dans ce dispositif.

Dans
l’étonnante introduction de leur demande, ces députés
se réfèrent à une augmentation de "l’usage
de drogue", évoquant une première place de la
France, et attribuent à la politique de réduction des
risques la responsabilité de cet état de fait.
Surprenante confusion vraiment, car il semble que ce soit "l’usage
de cannabis" qui se cache derrière les termes "d’usage
de drogue", et c’est donc son augmentation qui provoquerait la
mobilisation parentale, étrangement attribuée à
la seule association "Parents contre la drogue".

La
politique de Réduction des Risques serait donc responsable de
l’usage de cannabis !

Il
faut dénoncer cet amalgame, et nous soutenons que le travail
fait auprès des usagers dans les boutiques, par exemple,
visant une meilleure prise en charge de leur santé par le
conseil, l’orientation, l’accès aux seringues propres, n’a
aucune conséquence sur l’augmentation de l’usage de cannabis
chez les 14-15 ans, mettant cet usage à la hauteur de celui de
l’alcool. Ni en France, ni au niveau européen, un lien de
causalité entre réduction des risques et usage de
cannabis chez les adolescents ne peut être affirmé. Il
faut chercher d’autres causes à cette situation et développer
des actions et des programmes adéquats, tant en matière
de prévention que de soins.

Cette
erreur de perspective attribuable à une connaissance partielle
ou partiale du dossier, pourrait faire sourire, si effectivement, et
en cela nous sommes d’accord avec les auteurs de la lettre, la
question n’était grave pour de très nombreuses
familles.

L’ANIT
s’est pleinement engagée pour chercher des réponses à
cette progression des usages de cannabis, mais aussi d’alcool et
d’autres substances.

Nous
n’avons pas cessé d’interpeller les pouvoirs publics quant à
ces usages, en soulignant qu’ils étaient plus nombreux, avec
des produits plus forts, concernant un public plus jeune…

C’est
pour cela que de très nombreux Centres de Soins spécialisés
ont développé, la plus part en lien avec le programme
de la MILDT, d’autres sur des modèles originaux, des
consultations spécialement orientées vers ces publics.

Une
campagne d’information, insuffisante certainement, a été
faite. D’autres sont en préparation.


encore, le débat reste nécessaire. Partageant certains
des objectifs du plan quinquennal, nous sommes en discussion sur
d’autres. Les programmes de prévention, le rôle dans ce
dispositif des CIRDD, la notion de partenaires de proximité
pour entretenir au quotidien un accompagnement éducatif, et
non simplement informatif, des actions visant à "structurer"
et renforcer les capacités de décision des adolescents,
tout cela peut se débattre. Tout cela doit se débattre
! Mais pas dans une confusion polémique qui nuit à la
cohérence des discours !

Puisque
nos représentants appellent à une année 2006
faisant de la toxicomanie une grande cause nationale, mobilisons nous
pour que celle ci s’élève à la hauteur des
enjeux. Il est à la fois possible d’agir contre l’usage de
substances psychoactives chez les adolescents, et de développer
une politique de réduction des risques efficace. Les
associations d’usagers ou de santé communautaire ont un rôle
à jouer auprès des publics concernés qu’aucune
autre association ne peut mener à leur place. Il serait
parfaitement contre-productif pour l’accès aux soins et pour
la santé publique, de rejeter ces associations dans la
clandestinité et le silence comme le réclament les
députés. Il faut au contraire travailler avec elles
pour qu’elles s’inscrivent dans une politique générale
qui vise à faire diminuer la consommation et à en
réduire les dommages sanitaires et sociaux. C’est la société
dans son ensemble qui en sera aidée.

{mospagebreak titre=Réponse d’ASUD}

Contre
les soixante-dix-huit parlementaires par ASUD

Pour
le soutien à ASUD et à Techno+

 

Paris,
le 10 février.

Le
25 janvier 2006, soixante-dix-huit députés appartenant
à l ‘actuelle majorité ont adressé à
Monsieur de Villepin, Premier Ministre, un courrier demandant la mise
en place d’une commission d’enquête concernant les
activités de deux associations ASUD et Techno Plus,
associations de santé communautaire.

Pourquoi
ces deux toutes petites structures avec leur quatre équivalent
temps-plein, provoquent-elles l’ire de 78 députés de
la majorité, qui pourraient légitimement avoir
d’autres chats à fouetter ?

 
Cette
initiative est le dernier avatar d’une stratégie de long
terme visant à disqualifier moralement, ce que l’on a
coutume d’appeler la politique de réduction des risques
(RDR).

De
quoi s’agit-il? La RDR est ce mouvement de pensée qui a
permis, au tournant des années 90, la mise en place de
programmes d’échange de seringues, la distribution de
produits de substitution comme la méthadone ou à la
production de brochures et de journaux s’adressant directement aux
usagers, dans un langage non-scientifique, pour les informer sur les
moyens de réduire les risques liés aux différents
usages des drogues. Cette politique a permis à des milliers de
toxicomanes de sortir de la marginalité dans laquelle ils
avaient été relégués par trente années
de répression. Cette politique rompt délibérément
avec la stigmatisation des personnes et la mise à l’index
des objets utilisés par les toxicomanes, comme les seringues.

-Rappelons
que sous prétexte d’empêcher les drogués de se
droguer, on a condamné des milliers d’héroïnomanes
des années 70 à utiliser un matériel souillé
par le vih et les hépatites.

-Rappelons
que cette philosophie de la violence, qui a tué et qui tue
encore par le truchement des hépatites, est celle avec
laquelle les 7 8 députés signataires veulent
renouer.

-Rappelons
que grâce à la RDR, un certain nombre de personnes
toxicomanes à l’époque sont maintenant en vie..

-Rappelons,
pour finir, que de nombreuses personnes, concernées
directement dans leur chair, leurs amitiés, ou leurs amours,
travaillent actuellement dans nos associations ou y ont travaillé
longtemps. Ce débat est donc pavés de vies humaines,
brisées, estropiées et ces vies, ce sont les nôtres,
pas celles des députés.

Leur
stratégie est de disqualifier la RDR, et leur tactique est de
concentrer leurs attaques sur ceux qu’ils estiment être les
plus vulnérables parmi les acteurs de la RDR. ASUD est une
association, animée, dirigée, encadrée par des
consommateurs ou ex-consommateurs de substances illicites
, des
drogués quoi ! Il est donc des gens pour s’en offusquer
et considérer que c’est mal. Je dis « mal »,
c’est à dire moralement condamnable, car c’est le mot qui
convient. Nous sommes à priori suspects pour ce que nous
sommes et non pas pour ce que nous faisons.

Le
langage méprisant utilisé par la « lettre
des 78 » visent à séparer les « honnêtes
gens » de la racaille que nous sommes supposés
être. Pour preuve, l’incroyable mépris qui accueille
régulièrement toutes nos demandes de débat, de
rencontres, de dialogue. Le procès qui nous est fait est l’un
des rares o

Laisser un commentaire