Les Français restent d’irréductibles fumeurs

Un an après sa mise en oeuvre, l’interdiction de fumer dans les lieux publics et de convivialité est entrée dans les moeurs. Les serveurs et les barmen respirent mieux mais les Français restent des irréductibles… fumeurs. Malgré le durcissement de la loi, le tabagisme actif s’élève toujours à 30 % de la population (un chiffre inchangé depuis quatre ans), quand la moyenne européenne s’établit à 28%.

« On a arrêté de se focaliser sur les fumeurs, pour se concentrer sur le tabagisme passif. Or ces campagnes n’ont eu aucun impact sur les fumeurs », estime le professeur Bertrand Dautzenberg, président de l’Office français de prévention du tabagisme (OFT). L’évolution du nombre de fumeurs a atteint un palier, reconnaît le directeur général de la santé, Didier Houssin : « On doit maintenant trouver de nouveaux moyens pour s’attaquer au cas des gros fumeurs, qui ont beaucoup de mal à arrêter. »

HAUSSE DES PRIX

En termes de santé publique, l’impact de l’interdiction de fumer reste encore à préciser. Un premier « coup de thermomètre », non renouvelé depuis, avait été réalisé en février 2008 et notait une baisse de 15 % des admissions aux urgences pour infarctus du myocarde et accidents vasculaires cérébraux.
La ministre de la santé, Roselyne Bachelot, a annoncé, mercredi 7 janvier, le lancement d’une étude scientifique sous l’égide de l’Institut de veille sanitaire (InVS). « Les études réalisées dans les pays qui ont mis en place cette mesure avant nous (Italie, Ecosse, Irlande, Etats-Unis) nous incitent à être optimistes, indique Than Le Luong, directrice de l’Institut national de prévention et d’éducation sur la santé (Inpes). Le recul des infarctus du myocarde et des syndromes coronaires aigus s’élève à 11 % en moyenne. »
Alors que l’OFT déplore la stagnation du nombre de cigarettes vendues (autour de 54 milliards par an depuis quatre ans), les buralistes soulignent que les ventes réalisées en 2008 (53,3 milliards) représentent une baisse d’un tiers comparées à celles réalisées en 2002 (80,5 milliards). Des chiffres qui ne prennent pas en compte les cigarettes achetées à l’étranger, pas plus que la contrebande et la contrefaçon.
Finalement, seule la hausse des prix du tabac dans les années 2003-2004 a vraiment permis de diminuer la consommation. Les fumeurs semblent s’être habitués au tarif des cigarettes et ne plus faire attention aux messages de prévention inscrits sur les paquets. D’où le souhait de la ministre de la santé, Roselyne Bachelot, d’y apposer des images chocs « pour ne pas dire très dures » d’ici à la fin de l’année.

Elsa Marnette
Article paru dans l’édition du 11.01.09

 

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