Techno+ est en deuil de Jean Marc Priez

Dernière mise à jour le 23/07/2026 <!– by Techno+ –>

Ce 1er juillet 2026, à 4h30 du matin, Jean Marc Priez, ancien président de Techno+, volontaire depuis 1996, est parti pour son dernier voyage. Après plusieurs mois de lutte, en prise avec sa santé fragile, il a passé ses derniers jours entourés de ses proches.

Les volontaires passé·es et actuel·les de l’association partagent le chagrin de sa famille. Par son militantisme, il a profondément marqué les mondes de la réduction des risques, de la santé communautaire, de la freeparty. Un hommage lui a été rendu le 13 juillet dernier à Pantin où il est enterré.

C’est en 1996 que Jean Marc est sollicité par Techno+ pour une formation sur le SIDA. Il travaille alors à l’association AIDES de lutte contre le SIDA où il est engagé depuis 1991, les pires années de l’épidémies, celles où les gens meurent par milliers. Marqué par ses premières raves, Jean Marc perçois dans Techno+, le potentiel d’un projet politique puissant. Il y découvre les free party, les teknivals, un second choc festif !

Il quitte AIDES (enfin pas vraiment, il y donnera des formations jusqu’à la fin de sa vie) et devient président de Techno+ en 1999 où il créera une formation sur 2 jours pour les nouveaux volontaires de Techno+. Ce modèle essaimera parmi les associations de RdR festives et reste toujours celui en usage à Techno+. Son concept phare, la santé communautaire, deviendra l’identité de Techno+, une association politique qui mène des actions de santé pour la communauté techno dont elle est issue. Sous la présidence de Jean Marc l’association se développe fortement jusqu’à investir un local à Paris, ouvrir des Techno+ dans d’autres villes en France (Lille, Nantes, Toulouse, Montpellier), emploie jusqu’à 9 salariés. Tout cela grâce aux soutien croissant des pouvoirs publics.

Mais cette nouvelle politique de santé publique, encore expérimentale, appelée réduction des risques liés aux usages de drogues (RdR) a des ennemis notamment au sein du ministère de l’intérieur et celui de la justice. Ainsi en 2003, Jean Marc, président au moment des faits, est accusé de provoquer et faciliter l’usage de drogues par la mise à disposition d’informations sur la pratique du sniff et sur les mélanges de produit (drug mix) via le site internet technoplus.org. Il risque jusqu’à 10 ans de prison ! C’est le choc mais, pour le militant qu’il est, c’est l’occasion de créer une jurisprudence pour tous·tes les intervenant·es de RdR.

Pour mener ce combat, Jean Marc s’entoure d’allié·es regroupé·es au sein de l’Association Française pour la RdR (AFR). Tout le secteur oeuvre pour faire inscrire la RdR dans la nouvelle loi de santé publique et protéger les intervenant·es. Il faudra attendre le 14 avril 2005 pour que parraisse le décret référentiel de la RdR qui immunise les acteur·ices de RdR et permette à la cours d’appel du tribunal de Paris de prononcer la relaxe de Jean Marc Priez, après 3 ans de procédure.

Au terme de cette aventure, Jean Marc sera embauché par l’AFR comme coordinateur. Il était depuis resté « simple » volontaire à Techno+ passant régulièrement à la réunion hebdomadaire de l’association et où il a continué d’animer les weekends de formations initiales jusqu’en octobre 2025. On pouvait le voir de temps à autres sur les interventions en teknivals avec son légendaire tchaï. Son dernier remonte au Frenchtek 2023, celui du 30ème anniveraire.

Au fil des années Jean Marc à formé une grande partie des intervenants de RdR en milieux festifs et notamment en free party : AIDES, le Tipi, Keep Smiling, Fêtez Clairs, le Bus 31/32 – Plus Belle La Nuit, Prév’en teuf, Ekinox, Korzéame, Axess, Consience Nocturne, la Kabane… des milliers de personnes ainsi marquées, souvent à vie par ses enseignements.

Très attaché à l’analyse de produits, un service essentiel pour la santé des consommateur·ices selon lui, il s’est particulièrement investi ces dernières années dans le développement de la spectrométrie infrarouge, une technique rapide d’analyse accessible à des non professionnel·les, qu’il a promu en France.

Enfin, il avait réussi en 2025 à amener tout Techno+ à Belle-Île-en-Mer, sa destination favorite depuis près de 40 ans, où l’association a mené une saison estivale RdR sur l’île avec le soutien des municipalités locales. Au terme de ce projet, il avait pris sa retraite associative fin 2025.

Il est décédé quelque mois plus tard, suite à des complications dans le traitement d’un cancer des poumons. Selon son souhait, il est enterré accompagné de cette épitaphe « Un pied chéper, un pied sur terre ». Une phrase qui accompagne Techno+ depuis près de 30 ans, devenu le titre du documentaire sur la santé communataire en freeparty, et, qui pour Jean Marc symbolise à la perfection son engagement et la ligne de conduite de l’association.

L’association AIDES a fait un article asez complet sur le parcours de Jean Marc : Disparition de Jean-Marc Priez, figure historique de la réduction des risques en France.

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2 réflexions au sujet de “Techno+ est en deuil de Jean Marc Priez”

  1. Une bien triste nouvelle qui vient s’ajouter à la liste des combattantEs de la première heure, mortEs avant l’armistice.
    Toutes mes condoléances à sa famille et ses proches, à touTes les militantEs de T+ et plus largement au monde de la RdR qui perd un de ses plus valeureux défenseur/promoteur.
    RiP Jean Marc.

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