Quand la police résout plus de 100% des affaires

Avec Sarkosy, la police est tellement efficace qu’elle résout plus d’affaires que de délits constatés! explications…

Source : Revue de presse de la MILDT du 11/01/2007 et du 17/01/2007

« Quand la police résout plus de 100% des affaires » titre LIBERATION
qui signale « qu’un taux d’élucidation de 107% pour les usages de
stupéfiants » sera annoncé aujourd’hui lors du bilan de N. Sarkozy
,
ce qui signifie que « les enquêtes résolues seraient plus nombreuses
que les faits constatés ». Indiquant que des chercheurs « ont analysé
cette bizarrerie statistique », le quotidien rapporte les explications
de Jean Hugues Matelly, chercheur au centre d’études et de recherche
sur la police, et de Christian Mouhanna, chercheur au centre de
sociologie des organisations.

 D’après JHM, cette anomalie concerne notamment les faits concernant l’usage de stupéfiants. Il affirme « il
n’y a pas de plainte, la police constate le délit en arrêtant un fumeur
de shit et le résout en même temps. Le nombre de fait constaté doit
donc être égal au nombre de faits élucidé (…) or pour certains on a
un taux des affaires en permanence supérieur à 100%
 » . Pour CM « c’est
plus compliqué. Cela dépend de la manière dont a été faite l’enquête.
Une personne est arrêtée avec un joint : cela fait un fait constaté et
un fait élucidé. On lui demande si elle a déjà fumé
 » et elle répond qu’elle a fumé l’année d’avant dans une autre circonscription, de ce fait « le
policier peut se dire "j’ai déjà un fait constaté et résolu et un autre
fait résolu puisque la personne a reconnu avoir déjà fumé un autre
joint par le passé". Le deuxième fait ne sera ainsi jamais constaté
 ». et il ajoute « Aujourd’hui
la police et la justice mesurent leur propre activité (…) il n’y a
pas de contre-pouvoir. La base et la hiérarchie y trouvent leur compte.
La statistique policière est une construction qui reflète aussi
l’humeur des fonctionnaires et l’état de leurs relations avec leur
ministre. D’où l’idée de faire contrôler leurs activités par un
organisme réellement indépendant
 ». JHM qui réfute les termes de « bidonnage généralisé » employés par l’intervieweur, estime que toutefois les chiffres « vont
toujours dans le même sens celui de la surévaluation » pour ajouter
« Ils varient avec les années et la façon dont la police est traitée
 ».

Sous le titre « Délinquance : le grand cabaret de Sarkozy » CHARLIE HEBDO
observe « qu’alors qu’on note une augmentation des violences contre les
personnes, des violences urbaines, des trafics de drogue dure et des
infractions économiques et financières, le ministre de l’intérieur se
targue d’avoir fait baisser la criminalité de près de 10% en cinq
ans ». D’après l’hebdo, c’est « normal » car il y a les chiffres « des
statistiques et ceux de la réalité ». Affirmant que les techniques sont
simples pour parvenir au rendement statistique, le journal satirique
qui propose « illustration et travaux pratique » tient aussi à montrer
« la façon dont on peut faire exploser les chiffres des affaires
élucidées sans avoir à se livrer à des investigations inutilement
longues » et d’expliquer : « cinq fumeurs de pétards se font chopper
sur un coin de trottoir ? voilà cinq infractions à la législation sur
les stupéfiants résolues », avec aussi ce commentaire « pas étonnant
que la consommation de drogues dures chez les jeunes ait augmenté de
30% en deux ans ».

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