Fêtard·es et Cannabis en 2021 : pratiques, réduction des risques, arnaques et répression

Quelle place et quelles conséquences a la consommation de cannabis chez les fêtard·es ? Comment consomment-iels ? Techno+ a questionné plus de 1100 personnes et nous avons appris beaucoup de choses intéressantes…

Au sein de Techno+, nous constatons que le cannabis est l’un des produits les plus visibles sur le milieu festif. Pour autant, le cannabis est certainement le produit sur lequel la réduction des risques en milieux festifs se penche le moins.

Pourtant la consommation de cannabis induit bel et bien des risques non négligeables (dépendance, accentuation de troubles psy, atteintes à l’appareil respiratoire…). Des risques qui peuvent être réduits via différentes techniques de RDR qui semblent largement méconnues en France alors même qu’elles sont en plein développement dans d’autres pays (il suffit de voir le boom de la vaporisation aux USA ou dans d’autres pays européens).

Cette enquête aborde les thèmes suivants :

  • La consommation de cannabis (motivations, modes et fréquences)
  • Les techniques de réductions des risques liées au cannabis
  • La consommation de CBD
  • Les arnaques
  • Les interactions avec d’autres produits
  • Les dépistages de drogues et les amendes forfaitaires

Nous espérons que ce travail vous permettra d’en apprendre un peu plus sur cette drogue mythique, présente en teuf et ailleurs !

Merci aux participant·es et bonne lecture.

Synthèse du rapport

Le texte ci-dessous est une synthèse du rapport Cannabis : Pratiques, réduction des risques et répression réalisé par Techno+ dans le cadre d’un projet financé par le Ministère de la Santé et la Caisse Nationale d’Assurance Maladie.

Introduction 

Avec un nombre d’expérimentateur·es estimé à 17 millions chez les 11-74 ans, le cannabis est de loin le premier stupéfiant consommé en France. C’est pourtant l’un des derniers sur lequel se penche la Réduction Des Risques (RDR). Pourtant la consommation de cannabis induit bel et bien des risques non négligeables (dépendance, accentuation de troubles psy, atteintes à l’appareil respiratoire…).

Des risques qui peuvent être réduit via différentes techniques de RDR qui semblent largement méconnues en France. Nous vous proposons, à travers ce rapport, de vous rendre compte des résultats d’une enquête réalisée en 2021 afin de mieux comprendre à la fois les utilisations du cannabis parmi notre public de fêtards (fréquence, modes de consommation, polyconsommation…) et les stratégies qu’ils mettent en place pour réduire les risques.

Nous avons aussi choisi de les interroger sur leurs modalités d’acquisition du cannabis et notamment sur les arnaques au CBD ou aux cannabinoïdes de synthèse qui ont défrayé la chronique cette année. Enfin, nous les avons questionnés sur l’application de certaines lois (dépistage routier et amendes forfaitaires).

Méthodologie

Un questionnaire de 80 questions a été élaboré sur Google Form puis promu via les pages Facebook de l’association et via une newsletter envoyée par email. 1187 personnes (parmi lesquelles 985 consommateurs de cannabis) ont rempli le questionnaire en ligne, entre le 25 Avril et le 26 Mai. Les données ont ensuite été analysées manuellement et via Google Form et Google Data Studio.

Profil des répondants

La tranche d’âge la plus représentée est 25-34 ans, suivie de près par les 35-64 ans puis les 18-24 ans. Il y a 63 % d’hommes contre 33 % de femmes et la moitié des répondants sont salariés

Un peu plus du tiers, 37,8 % des répondants ont un niveau d’étude bac+2 ou bac+3. Les répondants ayant le niveau Bac ou le niveau lycée (dont CAP, BEP) représentent 31,6 %. Les répondants ayant « Bac +4 et plus » représentent 24,8 % (19 % + 5,8 %) .

Il est toujours difficile de déterminer le profil de notre public mais cela semble coller avec les caractéristiques du public lors des fêtes techno sur lesquelles nous intervenons. On remarque d’ailleurs que les régions où Techno+ possède des antennes ainsi que celles où nous avons des partenaires proches et actifs sont les plus représentées.

Comme on pouvait s’y attendre, les répondants ont habituellement des pratiques festives régulières mais la covid-19 a impacté leur fréquence de sortie. On observe en effet, qu’une partie importante de l’échantillon a soit arrêté de faire la fête ou l’a fait bien moins souvent. Si le lien de l’échantillon avec le milieu Techno est bien établi, c’est en soirée privée, dans les bars et festivals que les répondants sortent le plus souvent.

Consommation de cannabis (THC)

Le cannabis (au THC) apparaît comme un produit très consommé parmi les personnes ayant répondu à notre questionnaire. Seuls 5,6 % d’entre eux n’en ont jamais consommé et 57 % des consommateurs actifs en consomment quotidiennement.

Interrogés sur leurs motivations, ce sont d’abord les réponses ayant trait à la détente qui arrivent en tête, suivies par celles sur le plaisir de fumer indépendamment de l’effet psychoactif (le goût, le geste…), puis les réponses portant sur la stimulation induite par le cannabis et, enfin, les utilisations auto-thérapeutiques (douleurs, angoisses…). Il s’agissait d’une question à choix multiples, chaque personne a donc pu cocher plusieurs réponses. Sur le graphique ci-dessous, les valeurs associées à chaque tranche correspondent au nombre de personnes (parmi les 955 fumeurs actifs de cannabis) ayant coché cette réponse.

Au niveau des types de produits consommés, l’herbe arrive devant la résine, (1,5 à 1,9 fois plus consommée, en fonction de la fréquence de consommation) et les extractions sont loin derrière, leur consommation semblant corrélée à l’accès à du cannabis auto-produit.

Quant aux modes de consommation, le joint arrive largement en tête (seul 1 des consommateurs de cannabis interrogé n’a jamais fumé de joint !) mais d’autres modes de consommation existent. L’ingestion est expérimentée par 75 % des consommateurs quoique de façon ponctuelle (seuls 3,5 % ingèrent du cannabis plus de d’1 fois/mois). Le blunt ou le bang (pipe à eau) ont aussi leurs amateurs, mais sur le bang, on remarque surtout le nombre de personnes déclarant avoir arrêté ce mode de consommation qui semble surtout privilégié par les plus jeunes.

L’inhalation sans combustion, excellent moyen de réduire les risques liés au cannabis demeure peu utilisée. Seuls 4 % des consommateurs vapent (e-liquides) plus d’une fois par an. Si la vaporisation (forme brute) s’en sort mieux (28,1 % d’utilisation au moins une fois par an), force est de constater que les gros fumeurs (les plus à risques) ne se sont pas appropriés cet outil. Ils ne sont que 9 % à vaporiser quotidiennement !

Réduction des Risques et Cannabis

La première chose à remarquer est que, interrogés sur l’efficacité de la vaporisation pour réduire les risques liés à l’inhalation de cannabis, 25 % des sondés répondent « je ne sais pas » et 19 % qualifient les bénéfices de ce mode de consommation de modérés.

Cela explique en partie le fait que la vaporisation semble aussi peu développée (57 % n’ont jamais essayé et parmi ceux qui vaporisent, seuls 9 % l’utilisent quotidiennement). Les répondants avancent aussi d’autres raisons comme le coût, l‘encombrement, la difficulté à changer ses habitudes… Autant d’arguments pour une éventuelle action visant à favoriser le développement de la vaporisation en faisant connaître ses bénéfices sur la santé mais aussi les innovations techniques qui ont largement amélioré l’outil au cours des 15 dernières années.Ensuite, interrogés sur l’auto-culture, près de 90 % des consommateurs de cannabis interrogés déclarent consommer parfois (46 %), souvent (25,4 %) ou toujours (17,3 %) des variétés auto-produites par eux-mêmes ou des amis. On note que l’utilisation de cannabis auto-cultivée augmente avec l’âge des répondants.

Enfin, on apprend que seuls 25 % des sondés n’ont pas essayé à un moment de réduire leur consommation ! La majorité des sondés (41 %) déclare être parvenue à réduire lorsqu’ils en avaient envie. Une bonne part (23 %) explique réussir à diminuer leur consommation mais devoir recommencer ce processus régulièrement car leur consommation finit par ré-augmenter. Une minorité non négligeable déclare ne pas y arriver (6,4 %) ou ne pas s’en sentir capable (3,4 %), ce qui confirme l’existence d’une frange de consommateurs ayant des difficultés à maîtriser leur consommation. Parmi les “substituts” utilisés, le cannabis CBD (- de 0,2 % de THC) est de loin le plus cité, avant les plantes, les médicaments sur ordonnance et sans ordonnance. Le cannabis au CBD, avec son goût et son odeur proche du cannabis et sa similarité d’utilisation (rituels…) apparaît donc comme une aide possible à la diminution de la consommation de cannabis.

Consommation de CBD

Environ la moitié des personnes interrogées consomment du CBD sans qu’on puisse leur trouver de particularités en termes d’âge, de genre, de niveau d’étude etc. Parmi elles, un quart utilise ce produit quotidiennement et 20 % plusieurs fois par semaine.

L’immense majorité (80 %) consomme le CBD sous forme organique (herbe, résine, extractions) pauvre en THC comme on en trouve facilement en boutique et sur le net. Toutefois près d’un quart consomme des variétés à la fois riches en CBD et en THC (généralement produite en auto-culture). Les compléments alimentaires et les e-liquides sont beaucoup moins consommés (10 %). 

Comme pour le cannabis “classique”, c’est majoritairement sous forme de joints que le CBD est consommé (87 % dont 60 % exclusivement ainsi) quoique l’ingestion, la vaporisation et la vape concernent des franges non négligeables des consommateurs (entre 10 % et 15 %).La consommation de CBD apparaît comme une pratique émergente (seul un quart des consommateurs utilise ce produit depuis plus de deux ans), probablement accélérée par les confinements et les difficultés d’accès au cannabis “classique” qu’ils ont entraîné. En effet, leCBD apparaît comme un substitut du cannabis classique. Interrogés sur ce qu’ils apprécient dans ce produit, les consommateurs mettent en avant son goût proche du cannabis (THC), la légère relaxation qu’il peut apporter tout en permettant de rester net et en limitant les angoisses, tachycardie etc, ainsi que sa facilité d’accès et sa légalité.

Arnaques

Parmi les 985 fumeurs de cannabis interrogés, 19,7 % pensent s’être déjà fait arnaquer en achetant du cannabis au CBD (sans THC) à la place de cannabis “classique”. Cette pratique semble en développement (pour 93 % des personnes s’étant fait arnaquer ainsi, la dernière arnaque date de moins de 2 ans) et concerne surtout l’herbe même si la résine n’est pas épargnée.

9 % des fumeurs de cannabis interrogés pensent avoir acheté des cannabinoïdes de synthèse à la place de cannabis “classique” et 22,5 % ont des doutes. Parmi ces 9 %, le nombre moyen est de 2,35 arnaques par personne et la dernière arnaque remonte à moins d’un an dans 63 % des cas. Interrogés sur les raisons qui leur ont fait penser qu’il s’agissait de cannabinoïdes de synthèse, la majorité évoque des effets secondaires parfois lourds (hallucinations, crise psychotique…), puis l’aspect et l’odeur du produit, ce qui laisse supposer que selon les cas, le “support” enrichi en cannabinoïdes peut être constitué de simples débris végétaux (faciles à différencier du cannabis) ou bien de cannabis CBD (beaucoup plus proche du cannabis “classique”).

Consommation de produits

La plupart des répondants (943) consomment d’autres substances psychoactives que le cannabis. Toutefois, celle-ci reste la substance consommée par le plus grand nombre de personnes (955 dont 57 % l’utilisent quotidiennement), devançant même l’alcool (862 consommateurs dont la moitié en consomme plusieurs fois par semaine).

Les seules autres substances à être consommées régulièrement (Plusieurs fois par semaine) par une proportion importante de consommateurs (21,5 %) sont les opioïdes (les autres produits totalisent moins de 4 % de consommateurs quotidiens). Cela s’explique peut-être par le fait que alcool et opioïdes, peuvent provoquer une forte dépendance aussi bien psychique (quête du produit) que physique (état de manque).

En ce qui concerne le nombre total de consommateurs, on voit apparaître (par ordre décroissant) : la MDMA (603 consommateurs), les champignons (590), la cocaïne (558), le LSD (536), la kétamine (443), le poppers (386), le speed (381), le protoxyde d’azote (257), les opioïdes (144), la DMT (118), les cathinones (99) et enfin le GHB/GBL (51)

A noter que 90 % des consommateurs de DMT, de protoxyde d’azote, de GHB/GBL, de champignons et de MDMA en ont un usage occasionnel (“Moins d’une fois par an” à “Plus d’une fois par an et moins d’une fois par mois”). Et c’est aussi le cas de plus de 80 % des consommateurs de LSD, poppers, cathinones et speed.

Interactions et mélanges

Sur 943 personnes consommant des substances psychoactives, 804 en consomment quand elles sont sous l’effet du cannabis et inversement. Selon les produits, la proportion de consommateurs qui mélangent avec le cannabis varie de 50 % (DMT) à 93 % (alcool). La majorité de ceux qui mélangent cannabis et produit, ne le fait pas pour moduler les effets de ces produits, ce qui est particulièrement vrai pour les consommateurs de stimulants. Ces derniers utilisent plutôt le cannabis pour la descente, tandis que les consommateurs d’hallucinogènes et de dépresseurs l’utilisent surtout pour amplifier les effets.

Personnes consommant ce produit et du cannabisPersonnes qui ne mélangent pas ce produit au cannabisParmi ceux qui consomment ce produit et du cannabis, combien mélangent les deux
StimulantsMDMA621**6789,2 %





cocaïne / crack
540**4888,3 %
Speed418**6784 %
Cathinones134**6364,2 %
Perturbateurs*Champignons587**8785,2 %
LSD562**7786,3 %
kétamine428**9378,3 %
DMT150**7550 %
Poppers407**12469,6 %
Protoxyde d’azote294**8471,4 %
Dépresseurs*Alcool738**5293 %
Opioïdes197**5472,6 %
GHB/GBL102**4655 %

* Nous sommes conscients que le classement de certains produits comme la kétamine, le protoxyde d’azote, ou le poppers n’est pas si net que ce tableau le laisse penser, mais pour des raisons de clarté nous avons choisi de typologiser les produits en seulement 3 catégories.

** Certains chiffres peuvent très légèrement différer de ceux des autres parties du présent rapport. Nous avons laissé le questionnaire ouvert quelques heures après avoir extrait les données, ce qui a permis à 11 personnes supplémentaires de le remplir. Or, les questions concernant les mélanges de produits se sont avérées difficiles à traiter à partir de l’extraction, nous avons donc dû les traiter via Google Form, à partir de la somme totale des questionnaires remplis. Au final ce tableau est issu de l’analyse des réponses de 815 personnes mélangeant cannabis et autres substances ayant rempli le formulaire.

371 personnes (46,1 % des réponses) rapportent n’avoir jamais été mal (bad trips, angoisse…) en mélangeant le cannabis avec d’autres substances psychoactives. L’alcool est le produit le plus cité dans les mélanges “problématiques” (40 % de ceux qui consomment alcool et cannabis). Globalement les produits les plus mélangés avec le cannabis sont aussi ceux accusés de s’y mélanger le plus mal. Certainement parce que les personnes ont plus eu l’occasion de vivre de mauvaises expériences liées à ces mélanges qu’avec des produits qu’elles ne connaissent pas. Indépendamment de ce biais, les hallucinogènes semblent plus souvent liés à des mauvais mélanges.

Personnes consommant ce produit et du cannabisPersonnes mélangeant ce produit et du cannabisPersonnes déclarant que le cannabis se mélange mal avec ce produit (angoisse, bad trip…)Proportion de personnes déclarant un mauvais mélange parmi ceux qui consomment ce produit et du cannabis
StimulantsMDMA621** 554609,7 % 
Cocaïne / crack540** 4775810,5 % 
Speed418** 351276,5 % 
Cathinones134** 8664,5 % 
Perturbateurs*Champignons587** 5007112,1 %
LSD562** 4859717,3 % 
kétamine428** 3356815,9 % 
DMT150** 7553,3 % 
Poppers407** 28392,2 % 
Protoxyde d’azote294** 21082,7 %
Dépresseurs*Alcool738** 68629540 % 
Opioïdes197** 143178,6 % 
GHB/GBL102** 5622 % 

* Nous sommes conscients que le classement de certains produits comme la kétamine, le protoxyde d’azote, ou le poppers n’est pas si net que ce tableau le laisse penser, mais pour des raisons de clarté nous avons choisi de typologiser les produits en seulement 3 catégories.

** Certains chiffres peuvent très légèrement différer de ceux des autres parties du présent rapport. Nous avons laissé le questionnaire ouvert quelques heures après avoir extrait les données, ce qui a permis à 11 personnes supplémentaires de le remplir. Or, les questions concernant les mélanges de produits se sont avérées difficiles à traiter à partir de l’extraction, nous avons donc dû les traiter via Google Form, à partir de la somme totale des questionnaires remplis. Au final ce tableau est issu de l’analyse des réponses de 815 personnes mélangeant cannabis et autres substances ayant rempli le formulaire.

Pour décrire ces mauvaises expériences, les problèmes les plus cités sont les bad trips (57 mentions), l’angoisse (58) et les crises de parano (44). Viennent ensuite les nausées (41 occurrences) et les vomissements (84). Et enfin on trouve la série “palpitations” / “tachycardie” / “accélération cardiaque” / “arythmie” (30 mentions au total) et celle de la “fatigue” / “coup de barre”/ “grande fatigue” / “fatigue extrême”, “somnolence” / “dodo” / “s’endormir” / “mollesse” / “mollusque” avec chacune une trentaine de mention. Le type de produit mélangé avec l’alcool détermine en partie les symptômes décrits dans les réponses.

Dépistage et amende forfaitaire

Le contexte routier apparaît comme le plus propice au dépistage de substances psychoactives. C’est dans cette situation que 329 personnes se sont faites tester contre 31 personnes dans le cadre de leur travail, 73 personnes dans une affaire judiciaire et 83 personnes dans d’autres contextes.

En croisant les données, on s’aperçoit que l’âge et la région de résidence des personnes semblent être les deux facteurs les plus impactant : les 24-34 ans et les Bretons semblent largement plus susceptibles que les autres de subir des tests au volant.

En termes de fréquence, le cadre professionnel (3,5 dépistages par personne dépistée dans ce cadre en moyenne) arrive juste devant la route (3,2 dépistages par personne). Si cela s’explique facilement lorsque l’on est dans un cadre professionnel à risque, cela s’entend un peu moins pour le contexte routier. Si seulement un tiers des répondants a déjà vécu un dépistage routier, ceux qui ont été dépistés dans ce cadre l’ont été plus de 3 fois par personne ! On peut se demander quelle en est la raison… 

Parmi ces dépistages routiers (619 résultats sur 1040 tests) : 197 étaient positifs confirmés aux stupéfiants, 187 étaient des “faux négatifs”, 235 étaient positifs au cannabis. En ce qui concerne les résultats positifs au cannabis : 30 dépistages positifs n’ont a priori mené à aucune poursuite, 151 dépistages positifs ont mené à une suspension du permis de conduire, 54 dépistages positifs ont mené à une perte du permis.

Sur les 1187 répondants à ce questionnaire, 107 personnes ont été verbalisées une ou plusieurs fois pour usage de cannabis sur la voie publique, parmi lesquelles 43 % de 18-24 ans et une sur-représentation des habitants de Nouvelle Aquitaine et surtout d’Auvergne Rhônes Alpes. Cela représente une moyenne de 1,54 amende par personne.

Conclusion

Pour conclure ce rapport, nous aimerions d’abord remercier chaleureusement toutes les personnes qui ont pris le temps de répondre à notre long questionnaire. 

Bien que ça ne soit pas d’usage, nous avons choisi de mettre en exergue les éléments qui nous semblent appeler de façon urgente à des actions d’information et de RDR : 

  • L’enquête confirme une très faible appropriation par notre public, des modes de consommation sans combustion. Et ce alors même qu’ils permettent de supprimer l’essentiel de la nocivité sur l’appareil respiratoire du cannabis. Il semble urgent d’informer le public sur le fait qu’il existe désormais des vaporisateurs portables, bon marchés et permettant de vaporiser de l’herbe et même du haschich.

  • La proportion de personnes déclarant avoir été victime d’arnaques aux cannabinoïdes de synthèse est inquiétante (9 % des consommateurs de cannabis + 22 % qui déclarent avoir des doutes). Sachant que ce type d’arnaques comporte des risques sérieux, informer le public sur les critères permettant de reconnaître ces arnaques et promouvoir la consommation de toutes petites quantités de chaque échantillon de cannabis acheté (afin de s’assurer qu’il s’agisse bien de cannabis) apparaît comme essentiel. 

  • Cette étude montre des taux très élevés de mélanges cannabis + autre substance, avec une sous estimation de certains risques induits par ces mélanges. Ces résultats plaident donc pour le développement d’actions visant à avertir notre public de ces risques. 

227 personnes déclarent consommer du CBD pour rester dans la légalité. Pour autant, la grande majorité des consommateurs interrogés (80 %) le consomment sous formes de composés organiques qui peuvent contenir des traces de THC. Sont-ils alors vraiment assurés de passer sans problèmes des tests salivaires ?

Cette page est une synthèse du rapport Cannabis : Pratiques, réduction des risques et répression réalisé par Techno+ dans le cadre d’un projet financé par le Ministère de la Santé et la Caisse Nationale d’Assurance Maladie.

Bonus internet : la galerie des perles du net sur le cannabis trouvé durant cette enquête

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