Free-party de Lieuron du nouvel an : Techno+ répond au journal Le Parisien

Retrouvez ici l’intégralité de l’entretien donné à Marie-Anne Gairaud du journal Le Parisien pour l’article Rave party en Bretagne : la présence d’une association subventionnée par la ville de Paris fait polémique.

D’abord pourriez-vous m’en dire plus sur votre association, depuis combien de temps vous existez, vos missions, vos lieux d’intervention…

Techno+ est une association de santé issue du mouvement musical techno, elle existe depuis 25 ans et elle met en place dans les fête (free party, rave, festival, club…) des stands d’informations, une mise à disposition d’outils de prévention et de l’assistance aux fêtards ainsi que des chill out (lieu de convivialité,de repos et d’échanges).

Nos actions entrent dans le cadre de la loi de santé publique dite de réduction des risques pour usagers de drogues et son décret référentiel. Cette politique est née au temps de la gestion de l’épidémie de sida pour limiter les risques infectieux chez les consommateurs de drogues. Nous y avons bien entendu intégré les risques liés au COVID depuis 1 an. C’est notre 5ème intervention sur ce type de fête depuis juillet 2020 et nous observons des évolutions positives de comportement des fêtards. Une étude plus large est d’ailleurs en cours et paraîtra fin janvier.

Extrait des textes de loi encadrant les actions de réduction des risques pour usagers de drogues

« Pour faciliter les contacts avec les consommateurs afin d’en améliorer l’efficacité, les activités de réduction des risques sont réalisées dans la journée, la nuit, y compris les week-ends et jours fériés. Ces activités peuvent être menées dans les locaux dédiés ou dans des bus mais aussi dans :

  1. Des lieux publics fréquentés par les usagers (rue, espaces verts, gares, etc.) ;
  2. Des événements festifs temporaires ;
  3. Des lieux commerciaux ou privés dont les établissements de nuit avec l’accord des propriétaires ou gérants ;
  4. Des ensembles d’habitation en concertation avec les résidents ;
  5. Des locaux habités par les occupants sans titre. »

« I.-La politique de réduction des risques et des dommages en direction des usagers de drogue vise à prévenir les dommages sanitaires, psychologiques et sociaux, la transmission des infections et la mortalité par surdose liés à la consommation de substances psychoactives ou classées comme stupéfiants.

II.-Sa mise en œuvre comprend et permet les actions visant à :

Délivrer des informations sur les risques et les dommages associés à la consommation de substances psychoactives ou classées comme stupéfiants ;

Orienter les usagers de drogue vers les services sociaux et les services de soins généraux ou de soins spécialisés, afin de mettre en œuvre un parcours de santé adapté à leur situation spécifique et d’améliorer leur état de santé physique et psychique et leur insertion sociale ;

Promouvoir et distribuer des matériels et produits de santé destinés à la réduction des risques ;

Promouvoir et superviser les comportements, les gestes et les procédures de prévention des risques. La supervision consiste à mettre en garde les usagers contre les pratiques à risques, à les accompagner et à leur prodiguer des conseils relatifs aux modalités de consommation des substances mentionnées au I afin de prévenir ou de réduire les risques de transmission des infections et les autres complications sanitaires. Elle ne comporte aucune participation active aux gestes de consommation ;

Participer à l’analyse, à la veille et à l’information, à destination des pouvoirs publics et des usagers, sur la composition, sur les usages en matière de transformation et de consommation et sur la dangerosité des substances consommées.

III.-L’intervenant agissant conformément à sa mission de réduction des risques et des dommages bénéficie, à ce titre, de la protection mentionnée à l’article 122-4 du code pénal. »

Faites-vous partie des organisateurs de la rave party qui a eu lieu le week-end dernier en Ille-et-Vilaine ?

Nous avons été présentés à tort comme les organisateurs par la chaîne Cnews et qui a refusé de corriger son erreur et à qui nous avions accordé une interview le samedi matin pour présenter l’action de santé décrite plus haut.

Dès notre installation sur place dans la nuit nous avons envoyé un communiqué au médias et tenté de joindre les autorités sanitaires. Le dialogue et la collaboration avec l’Agence régionale de Santé de Bretagne, qui est venue appuyer notre action par l’envoi de secouristes a été constructif et nous mentionne dans son propre communiqué.

Quelles étaient vos missions sur place ?

Cet évènement ce serait tenu avec ou sans nous alors autant essayer d’en réduire les conséquences.

Nous créons dans les fêtes techno un espace appelé chill-out qui comprend un stand et qui s’oppose au dancefloor où la musique est très forte, les lumières violentes, où l’on se dépense.

Le chill-out avec ses lumières tamisées, coussins et tables basses pour s’asseoir, est aéré et éloigné de la musique amplifiée. On y vient en cas de mauvaise réaction aux drogues, pour se reposer, discuter avec ses amis, un besoin d’information ou la simple curiosité, tout le monde passe à un moment de la nuit dans le chill-out de Techno+.

Un endroit, le stand, y est réservé à la diffusion d’informations sur les risques festifs (alcool, drogues, conduite de véhicules, maladie infectieuses…), les effets, les pratiques, les risques et aussi des outils de Réduction des Risques (préservatifs, bouchons d’’oreille, pailles, masque chirurgicaux, gel hydroalcoolique…).

Les volontaires présents répondent à tous types de questions. Le rapport de confiance avec les teufeurs permet un véritable échange et fait de ce lieu un endroit privilégié d’observation de la scène, ses pratiques, ses rituels.

Cette constante connaissance de la réalité du terrain est la force principale du savoir-faire de Techno+ et permet de réagir en temps réel aux évolutions des consommations et des pratiques.

La formation des volontaires alliée à leur expérience de terrain permet de prendre en charge les personnes qui sont en difficulté pendant leur consommation, de réassurer celles qui gèrent mal les effets ressentis, qui font un bad trip durant toute la phase active du produit.

Certains volontaires se forment aussi au secourisme et interviennent parfois sur des blessures simples et évaluent s’il est nécessaire de faire appel aux secours extérieurs.

De par notre démarche pragmatique et notre position d’acteur de terrain, Techno+ a acquis la reconnaissance des professionnels de la santé et de la sécurité toutes disciplines confondues (secouristes, médecins, gendarmes, pompiers…).

Concernant l’épidémie de COVID-19, lors de son intervention Techno+ met en place les actions suivantes :

  • Mise à disposition de masques chirurgicaux et de gel hydroalcoolique.
  • Diffusion de conseils liés à la prévention des contaminations sur place (gestes barrières) et après l’évènement (auto-confinement et dépistage).
  • Protection des intervenants : masques, gants et visières.
  • Réalisation d’une enquête sur les comportements festifs en période d’épidémie de COVID-19 : technoplus.org/?p=5729.
  • Médiation avec les pouvoirs publics sanitaires et policiers.

1 réflexion au sujet de « Free-party de Lieuron du nouvel an : Techno+ répond au journal Le Parisien »

  1. Bonjour,
    il était bien nécessaire de répondre aux différentes diffamations entendues où lues déci-delà… Bravo, je trouvais cela juste honteux, d’entendre ça.
    Comme beaucoup, j’ai fréquenté vos stands entre 1996 et 2006 (dans le cadre free-tekno) , peut-être je les re-fréquenterai, en tout cas j’ai toujours trouvé votre action et votre présence pro et rassurante. Donc un grand MERCI…!!
    De la part d’un salarié d’une association de protection de l’enfance (Julien).

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