Il propose la barrette à… des gendarmes

Parfois, en retour de tekos, y’en a qui n’ont vraiment pas de bol…

Date : 6/11/2007
Source : http://www.marcfievet.com/article-13597686.html 

Un jeune teufer a, sans le savoir,
proposé de la résine de cannabis à des gendarmes toulousains en civil,
lors du teknival ariégeois.

Les
dealers le savent bien : c’est à la tête du client qu’on propose du
shit. Sauf que les apparences sont souvent trompeuses. Et à trop faire
confiance au feeling, certains tendent le bâton, ou la barrette, pour
se faire battre…

Venus
en renfort à la Tour-du-Crieu, en Ariège pour le teknival où 7 000
teufers se sont donné rendez-vous du 21 au 24 septembre, les gendarmes
de Toulouse effectuent de nombreux contrôles aux abords du site.
Extinction des sound systems lundi 24 septembre. Ce matin-là, Petit
rasta lève le camp. Les yeux gorgés de sommeil et les oreilles vibrant
encore aux « poum-poum » de trois jours de bringue, il rejoint la route
à pied. Pour soulager sa peine, il tend son pouce vers la
départementale, espérant que les dieux du voyage placent sur son chemin
des anges gardiens qui le prendront sous son aile. Bingo ! Une voiture
s’arrête. Trois hommes à bord, plutôt sympas.

– « Salut, vous me laissez
à la gare de Pamiers ? Allez, man, soit cool… J’ai un peu de chichon,
que du bon. »

Le conducteur mate deux barettes de cannabis dans le
creux de la main de l’auto-stoppeur.

– « Allez monte. »
– « Trop cool, man ! »

Installé à l’arrière de la voiture, Petit rasta s’agite, trop content de rallier la gare de Pamiers avec ses nouveaux potes.


« T’es fou ! t’as pas la ceinture, man, y a des keufs partout, vas-y
attache-toi ! »

Les lèvres du passager arrière frétillent d’un léger
rictus. Il attache sa ceinture de sécurité en rassurant son voisin. La
discussion s’emballe autour du shit et du prix. La barrette ? « Je te
la laisse à 10 euros », négocie Petit rasta venu à la Tour-du-Crieu
pour écouler quelques grammes. Les occupants de la voiture, peu
loquaces, écoutent attentivement le récit de leur voyageur. Ils
apprennent que le jeune teufer se faisait envoyer des mandats par la
poste pour acheter de quoi fumer. Une somme d’argent qui pouvait varier
«en fonction des besoins du moment. » Dans sa poche, il avait gardé une
bonne liasse de billets provenant du dernier envoi. Arrivé devant des
gendarmes mobiles et alors que la gare de Pamiers était encore loin, la
voiture s’arrête curieusement à hauteur d’une escouade de militaires
qui, eux, étaient en tenue ! Blême, Petit rasta, ose à peine y croire.
Ses compagnons de route sortent leur carte et se présentent à lui sous
leur vrai visage : des gendarmes en civil chargés d’appréhender dealers
et trafiquants de drogue. « Ah ! c’est pas cool man… » Désabusé, il
descend de la voiture et rejoint sous bonne escorte les gendarmes
mobiles qui se chargent des dernières formalités. Il est aussitôt
délesté de ses deux barrettes de shit avant de rejoindre la première
brigade locale. La tête basse et les poches désespérément vides.

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