Lettre ouverte au Préfet de l’Ardèche suite au teknival du 1er mai

Cette année le ou plutôt les teknivals du 1er mai se sont déroulés dans conditions pour le moins étranges. Ce n’est pas que le caractère secret et les rumeurs entourant les teufs techno nous déplaisent, bien au contraire. Mais c’est la 1ère fois que nous voyons l’État organiser 1 voire 2 teknivals dans le seul est unique but d’en empêcher un autre soit disant car les conditions de sécurité n’étaient pas respectées. Nous dénoncions fin avril cette instrumentalisation des tekos au détriment du mouvement techno et la réalité n’a fait que confirmer nos craintes.

{moszoomthumb imgid=1224}En effet en prétextant le bien des teufeurs, le ministère de l’Intérieur à organisé en 10 jour un teknival sur la base de Crucey en Normandie à grand renfort médiatique, ce qui n’a pas manqué d’attirer un public jeune et novice donc plus vulnérable mais aussi des dealers peu scrupuleux et tout un cortège de violence, de dégradation et de manque de respect. En même temps, la consigne était donné en Ardèche d’empêcher l’accès au site du tekos organisé sans concertation y compris aux associations telle que la notre. Un trajet n’était cependant pas bloqué ce qui nous a permis d’être finalement sur place dès le vendredi matin  comme d’autres associations (le Tipi, Korzéame, Médecins du Monde, AIDES).

Mais le vendredi soir, la majorité du public étant bloqué et s’accumulant depuis 24h aux différents barrages mis en place, la préfecture a décidé d’autoriser un teknival en Ardèche… sur un lieu différent de celui où était déjà installé les premiers sons ainsi que toutes les associations de santé citées plus haut ! Et bien sûr sans les prévenir !

{moszoomthumb imgid=1244 style_m=2}Nous déplorons cette situation qui constitue à la fois une entrave à des associations ayant une mission de santé publique et qui a délibérément écarté les teufeurs des services de santé mis à leur disposition. C’est d’ailleurs sur le site choisi par la préfecture qu’a malheureusement eu lieu le seul accident nécessitant une évacuation, une intoxication à l’ammoniac, et pour lequel les secours ont mis 20 minutes à arriver.

C’est pourquoi, Techno+ a écrit une lettre ouverte suivante au Préfet de l’Ardèche, responsable de cette situation.

{moszoomthumb imgid=1225}Monsieur le Préfet,

Accomplissant
sa mission de santé publique, reconnue par une convention
nationale auprès de la Direction Générale de la
Santé, l’association Techno+ intervient depuis 1995 dans les
événements festifs techno afin :

  • d’informer
    et prévenir les risques liés aux pratiques festives,
  • de
    fournir un espace de repos, de soutien et de réassurance aux
    participants,
  • d’être
    le premier relais avec les services de secours.

Cette
année suite à l’échec des négociations,
le teknival du 1er mai s’est déroulé dans différentes
régions. En effet, en parallèle du teknival de dernière
minute organisé par l’État à Crucey, s’est
déroulé le teknival de la Vestide du Pal sans
concertation préalable entre les services de l’État et
les sound system.

Dans
ces événements sans dispositif sanitaire de droit
commun, notre rôle est primordial dans la mesure où nous
sommes l’unique point d’accueil des personnes nécessitant
des secours. Techno+ devient alors un relais indispensable afin de
permettre une articulation médicale.

{moszoomthumb imgid=1226 style_m=2}Or,
malgré les engagements forts pris par le ministère de
l’Intérieur et réaffirmés lors de la réunion
du 21 mars 2007 en présence des préfets des zones de
défense, l’accès à cet évènement
nous a été refusé par les forces de l’ordre.

Lors
de notre arrivée aux abords du site de la Vestide du Pal,
jeudi 1er mai, vers 23 heures nous nous sommes vu refusé une
première fois l’accès au site, à Rieutord. Après
nous être clairement identifié et avoir présenté
les papiers justifiant de notre mission de santé publique
ainsi que la convention qui nous habilite à intervenir lors
des événements de type rave partie. Le responsable du
barrage, qui a par ailleurs refusé de s’identifier, a fini par
accepter de contacter sa hiérarchie pour recevoir des
instructions. Il a alors reçu l’ordre de nous interdire
l’accès.

Ce
refus s’est reproduit à plusieurs reprises aux différents
barrages mis en place dans le secteur et nous avons fini par
apprendre que les ordres pour nous empêcher de passer venaient
de votre préfecture.

Nous
tenions à vous faire part de notre mécontentement et de
notre indignation à la suite de l’entrave à notre
action engendré par ces ordres, empêchant ainsi
l’association de mener à bien son action pourtant inscrite au
code de santé publique depuis 2004.

{moszoomthumb imgid=1292}Nous
faisons également le constat que le choix d’interdire l’accès
aux véhicules des participants a favorisé une situation
plus risquée qu’elle ne l’aurait été. Nous avons
pu observer :

  • que
    des gens reprenaient la route malgré la fatigue du trajet
    déjà parcouru
  • que
    d’autres rejoignaient le site à pied sans avoir de quoi se
    couvrir pour les jours suivant malgré les écarts de
    température jour/nuit

Enfin
nous déplorons que le site sur lequel vous avez finalement
autorisé un rassemblement n’était pas celui sur lequel
les dispositifs sanitaires spécialisés étaient
déjà installés, empêchant ainsi l’accès
à ces services à la grande majorité des
participants.

{moszoomthumb imgid=1265 style_m=2}Nous
vous demandons de faire toute la lumière sur la chaîne
de commandement responsable de cette mise en danger d’autrui et
d’entrave à une mission de santé publique puis de nous
communiquer les résultats de cette enquête et les
mesures que vous comptez prendre pour empêcher que de tels
dysfonctionnements se reproduisent.

Veuillez
agréer, Monsieur, notre considération indignée.

{moszoomthumb imgid=1290 style_m=3}

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