Réunion du 13 octobre 2017

Ce compte rendu a été réalisé par Freeform.

Présents

État

Ministère de la Culture, Ministère de la Santé, Ministère de l’Intérieur, Ministère de la Jeunesse/Éducation – DJPEPVA et la MILDCA

Coté sons

Collectif des Sound Systems d’Ile de France, Collectif des Insoumis, Collectif des sound systems Bretons/Arts et Culture-Multisons 29, Collectif ABC (Auvergne/bourgogne/Centre) Collectif CRC (Centre), Collectif Rave Conscient (Rhône Alpes), un collectif de sons du Nord-Est, tous réunis dans la COORDINATION NATIONALE DES COLLECTIFS DE SOUND SYSTEMS.

Associations

Techno+, Freeform

Cette réunion était l’occasion de reprendre le dialogue entre les collectifs de sound systems et l’état dans ses différentes composantes suite au courrier envoyé au nouveau gouvernement en juin dernier.

1 : Présentation des « médiateurs rassemblements festifs »

Depuis mars 2017, l’état a étoffé et commencé à former le réseau des médiateurs départementaux. Ce sont des fonctionnaires du ministère de la jeunesse pour la plupart. Une liste de 70 noms est mise à disposition des organisateurs. Pour les sound systems, ces médiateurs sont les bienvenus mais ne semblent pas très utiles sur le terrain pour faire des déclarations notamment, car la majorité des teufs se font illégalement. Il est décidé d’un commun accord d’organiser des réunions entre les sons d’un département et les médiateurs sans « actualité », juste pour se rencontrer et échanger sur la situation des free dans le département.

2 : Présentation de la Coordination Nationale des Collectifs de Sound Systems

Les représentants des sons ont présenté la coordination et surtout les raisons de leur colère. Trop de saisies qui frappent souvent les petites soirées, une loi inadaptée qui empêche la free d’évoluer et surtout beaucoup de violences policières. Sur la question de l’évolution du cadre légal (arrêt de la loi Mariani, augmentation du seuil de déclaration a 1500 personnes) le Ministère de l’Intérieur a fait une réponse claire : il n’est pas question d’accepter cette revendication et ils considèrent que les menaces de saisie sont une arme efficace pour « contrôler » les sound systems.

3 : Le retour sur les teknivals 1er mai/15 aout passés et à venir

Pour le gouvernement, les teknivals ont un très mauvais bilan, avec beaucoup de décès, des factures pour le nettoyage et la remise en état des sites et de nombreuses nuisances. Les collectifs reconnaissent que les teknivals sont loin d’être parfaits mais la raison pour laquelle ils sont redevenus illégaux c’est le refus du dialogue côté état sur la loi + les conditions de tout ce qui se passe en france chaque week-end. Pour les sons, le bilan n’est pas négatif pour le 1er mai mais clairement, le 15 aout pose problème à tout le monde. Des deux côtés, on admet qu’il faut que les choses changent.

Pour les collectifs, la question n’est pas que le teknival soit légal ou pas mais que cela corresponde aux valeurs du mouvement. Il n’est pas possible de penser les teknivals sans prendre en compte l’ensemble de la situation en France tous les week-end mais aussi les conditions dans lesquelles ils sont organisés.

Une réflexion doit être engagée sur ce que les sons estiment être un teknival préparé dans de bonnes conditions, qui leur ressemble, avec une dimension revendicative et une vraie autogestion de la fête.

4 : Points sur l’activité de Réduction des risques

Coté État (Mildeca/Santé), on a confirmé la volonté de continuer à soutenir les missions de RDR et développer les actions sur le terrain. Du côté de Techno+, on souligne que les actions judiciaires entreprises contre l’association, la descente et les poursuites sont tout à fait négatives. Au-delà de la saisie du camion et du matériel de T+ qui empêche l’asso de faire son travail, c’est toute l’action de santé communautaire qui a été fragilisée par cette affaire.

5 : Point sur l’activé de Freeform

Freeform conduit des missions de médiation et de concertation un peu partout en France, notamment avec l’aide de la DJEPVA et du sénateur Cabanel. Un lieu dédié à la culture free party qui est aussi un « centre info-ressources » a été ouvert sur Toulouse. Pour Freeform, même si la position du ministère de l’Intérieur est bien comprise et prise en compte, il reste clair que le cadre légal actuel est une des raisons pour lesquelles le dossier n’avance pas.

6 : La proposition côté état : Mise en place de teufs « pilotes » dans 4 ou 5 régions françaises

Même s’il y a un refus de bouger sur la question de la loi, on peut voir une claire évolution de la façon de penser côté état qui vient avec une proposition de fêtes pilotes basées sur l’expérimentation réalisée entre 2008 et 2012 en Bretagne/Pays de la Loire. L’idée serait de relancer des multi-sons départementaux sur 4 régions pilotes à savoir : Bretagne / Occitanie / Pays de Loire / Centre Val de France + La Lorraine.

Les multis sont des teufs légales qui regroupent un certain nombre de sound systems du département pour poser ensemble. Dans un projet de multi, l’état s’engage à ce que le projet aboutisse, ce qui veut dire un coup de main pour le site, les relations avec les élus et les riverains etc.

Les conditions de ces projets restent encore à définir, nombre de teufs, conditions d’organisation et surtout voir si les sons des régions concernées acceptent de se lancer dans la démarche.

6 : Perspectives 2018

Même si la position du Ministère de l’Intérieur est une déception pour tous, cette réunion a eu clairement un aspect positif : se rencontrer de nouveau, entendre les positions des uns et les autres, sortir des « postures » et montrer ce qui ne va pas, ce qui pourrait aller mieux et les limites fixées par les uns et les autres. Il est plus utile de se rencontrer pour dire ce qui ne va pas de vive voix que d’échanger par communiqués de presse.

La présence du Ministère de la Culture était importante et celui-ci s’est clairement exprimé en disant que la free party était une pratique amateur qui a sa place au côté des autres pratiques culturelles des français. Un échange devrait avoir lieu sur le sujet pour approfondir et formaliser cette affirmation.

Les propositions de l’état sont sur la table, c’est maintenant aux collectifs de répondre pour la suite.

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