Le syndrome sérotoninergique : comprendre, éviter et reconnaître

Article écrit le 21 août 2014 à l’occasion du décès d’une personne hospitalisée pendant un évènement festif suite à un syndrome sérotoninergique.

On a beau savoir que « ça arrive », cette pilule-là est difficile à avaler. Bien sûr si on regarde les statistiques, les événements techno ne totalisent pas plus de décès que les autres rassemblements festifs mais pour tout ceux qui croient à l’utopie tekno, un décès sur une teuf ou un teknival c’est déjà un décès de trop.

Alors bien sûr nous adressons nos condoléances à la famille, aux amis et à tous ceux pour qui ce garçon comptait mais nous voudrions aussi aider à ce que cela ne se reproduise pas. Pour cela, voici quelques informations sur le syndrome sérotoninergique.

Un syndrome sérotoninergique, qu’est ce que c’est ?

Pour simplifier, c’est un excès de sérotonine dans le cerveau. La sérotonine est un neurotransmetteur présent à l’état naturel dans notre cerveau et utilisé par les neurones pour communiquer entre eux.

La communication neuronale

En gros les milliards de neurones que nous avons tous dans notre cerveau sont connectés les uns aux autres par des synapses. L’information circule sous forme signal électrique dans un neurone puis, arrivé à la synapse, le signal électrique déclenche une réaction électrochimique qui libère des neurotransmetteurs dans la synapse. Le second neurone reçoit ensuite ces neurotransmetteurs grâce à des récepteurs spécifiques, ce qui déclenche une nouvelle réaction électrochimique qui se traduit par l’émission d’un nouveau signal électrique qui parcourra le neurone jusqu’à atteindre une nouvelle synapse, et ainsi de suite. D’autres mécanismes compliqués (recapture, catabolisme aminique…) réduisent le taux de sérotonine dans la synapse.

L’influence des drogues

Les drogues agissent en perturbant le fonctionnement des neurotransmetteurs. Certaines jouent sur la dopamine, un autre neurotransmetteur (c’est notamment le cas du speed), d’autres sur les cannabinoïdes ou les opioïdes. D’autres encore peuvent perturber le taux de sérotonine de trois façons :

  • celles qui augmentent le relâchement de la sérotonine (souvent des empathogènes comme la MDMA, la méphédrone, le 6APB, 5MAPB…),
  • celles qui en empêchent la recapture de la sérotonine (comme les antidépresseurs ISRS : prozac, zoloft…)
  • celles qui ralentissent la destruction de la sérotonine dans les synapses par d’autres mécanismes compliqués. C’est le cas des IMAO (contenu dans certains antidépresseurs, ou dans le DMT sous forme de « Changa » par exemple).

Tous ces mécanisme concourent à augmenter le taux de sérotonine entre les synapses dont l’excès peut conduire au syndrome sérotoninergique.

Un syndrome sérotoninergique est donc possible :

  • Si vous prenez une trop grande quantité d’un produit qui réalise l’un de ces mécanisme dans le cerveau.
  • Si vous mélangez plusieurs produits (drogue et/ou médicaments) qui jouent sur ces mécanismes.
    Par exemple un produit qui augmente son relâchement (MDMA) avec un autre qui empêche sa recapture (prozac).

Comment éviter un syndrome sérotoninergique ?

Il faut éviter tous les mélanges entre les « libérateurs » de sérotonine (MDMA, méphédrone, 6APB et autres empathogènes) et les autres produits jouant sur la sérotonine :

  • Méthoxétamine (MXE)
  • Dextrometorphane (DXM)
  • Tous les antidepresseurs (Attention, minimum 2 semaines d’arrêt de traitement)
  • Tramadol (X prim, topalgic…)
  • etc.

Attention, même sans consommer de « libérateur » de sérotonine il est possible de faire un syndrome.
Cependant, le pire du pire, consiste à mélanger un « libérateur » (MDMA, méphédrone, 6APB et autres empathogènes) avec un IMAO (inhibiteur de la monoamine nucléase) comme :

  • La Changa (pulvérisation de DMT et d’IMAO sur des résidus végétaux)
  • La passiflore (effet non négligeable)
  • Certains antidepresseurs : iproniazide (Marsilid), moclobémid (Moclamide)…

Si tu as traitement antidépresseur, vérifie sur wikipédia l’action de ton médicament. S’il a une action IMAO (sélective ou pas), ne consomme surtout pas de MDMA, méphédrone, 6APB… moins de deux semaines après arrêt du traitement.

Comment reconnaître un syndrome sérotoninergique ?

Les signes peuvent être très variés et dépendent de la gravité qui elle aussi peut-être très variable. D’une certaine façon toute prise de MDMA entraîne un syndrome sérotoninergique faible par l’augmentation de la tension artérielle, du rythme cardiaque et de la température corporelle.
Les signes qui peuvent t’alerter :

  • Confusion
  • Agitation
  • Contractions involontaires, tremblements (convulsions en cas grave)
  • Rigidité musculaire
  • Tachycardie
  • Pupilles qui ne réagissent plus à la lumière (bloquées petites, grandes ou qui s’agrandissent et se rétrécissent toutes seules)
  • Hyperthermie

Si le syndrome sérotoninergique est grave. Il peut entraîner des atteintes sur le système rénal, le système sanguin, les muscles, etc. qui peuvent dans les pires cas entraîner le coma voire la mort.

Que faire en cas de syndrome sérotoninergique ?

Si quelques signes t’alertent mais que la personne n’est pas en danger imminent (consciente, respire normalement, rythme cardiaque normal) il faut prévenir les secouristes éventuellement présents sur le site. Si il n’y en a pas : prévenir les organisateurs de l’événement. La personne doit être surveillée pour qu’en cas d’évolution négative de son état elle puisse être évacuée. En cas de doute n’hésite pas à appeler le SAMU (15) pour un avis médical.
Si le cas est grave (gêne respiratoire, hyperthermie sévère, convulsion, coma…), seule une hospitalisation pourra permettre une prise en charge de la personne. Il faut donc immédiatement appeler les secours médicaux (médecins sur place s’il y en a ou, 112 ou 18).

Quelques conseils et informations sur les produits en circulation dans les fêtes

Après des années de fluctuation voire de pénurie, le taux de MDMA dans les comprimé d’ecstasy, les poudres et les cristaux se maintient à un haut niveau depuis 2 ans. Les incidents dus à des surdoses se sont multipliés dont malheureusement quelques décès. Pour s’informer sur ce produit tu peux lire notre flyer TAZ/MDMA. Voici également deux tendance récentes qui demandent ton attention :

Des comprimés 3D fortement dosés

Certains comprimés d’ecstasy (notamment certains « 3D’s », des comprimés de forme attrayantes souvent plus gros que la moyenne) peuvent être extrêmement dosés : toujours commencer par au maximum une moité et attendre deux heures avant d’en reprendre pour que ça ait eu le temps de monter.

Décès liés au PMA et PMMA

Plusieurs pays européens sont touchés par des vagues de comprimés contenant du PMA ou du PMMA. Ces deux molécules totalisent plusieurs dizaines de décès en Angleterre, en Irlande, en Suisse etc. Les effets ressemblent à ceux de l’ecstasy en moins forts, c’est pourquoi les consommateurs, pensant être tombés sur des ecstas sous-dosés, en prennent plusieurs. Mais la toxicité est beaucoup plus importante que celle de la MDMA : 2, 3 ou 4 comprimés peuvent tuer. Si un comprimé suspect te semble sous-dosé, ne reconsomme pas avant plusieurs heures.
Et surtout, reposez vous, respectez vous et entraidez vous.

3 réflexions au sujet de “Le syndrome sérotoninergique : comprendre, éviter et reconnaître

  1. Bonjour, depuis trois jours je prends du griffonia à raison de deux comprimés par jour et du millepertuis, un comprimé le matin, en vue d arrêter mon antidépresseur le seroplex et mon anxiolitique le lexomyl. On M a dit de ne pas arrêter mon traitement complètement mais de le baisser, ce que j ai fait. Mais depuis je me sens très fatiguée, desfois le coeur s emballe, j ai toujours une sensation de vertiges, je me sens triste, déprimée, j ai toujours une raideur derrière la nuque et des maux de ventre et les jambes lourdes. Je ne sais plus trop quoi faire. Merci de M aider

    • Bonjour Sandrine,
      Je comprends qu’il soit difficile de trouver des infos formations sur le passage d’un traitement chimique à un traitement naturel mais ta demandes dépasse nos compétences. Essaye plutôt de t’adresser à un naturopathe ou sur un forum d’entraide en rapport avec la naturopathie. Idem pour l’arrêt d’un traitement classique. Vas sur des forums spécialisés.
      J’espère que tu trouveras des réponses à tes questions.
      A+
      Fabrice

Laisser un commentaire